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samedi 16 janvier 2010

Classe!

Comme beaucoup ici je pense, je fait partie d'une quantité de mailing-listes que j'essaye vainement de réduire au minimum. L'une d'entre elles est intitulée LGBTQ Youth World List. Il s'agit d'une mailing list de militants LGBTQ jeunesse de partout dans le monde. Il ne s'y passait pas grand chose quand j'y ai adhéré. Surtout des "qui a un contact au Pérou?" et "vous n'avez plus que trois jours pour déposer votre demande de subvention ici". Puis alors que les échanges étaient tous en anglais, tout le monde s'est mis à échanger en espagnol. Ne parlant pas l'espagnol, je m'était un peu éloignée.

Hier soir j'ai pourtant été surprise qu'un vrai débat s'amorce:

Une personne a lu cet article en anglais sur la libération queer et la lutte des classes et l'a trouvé intéressant. Elle est curieuse de savoir qui des autres membres de la mailing-liste incluent une analyse de classe dans leur travail. Où se situe le capitalisme dans notre militantisme? Est-ce que nous pensons que c'est nécessaire pour la libération de touTEs? Et Qu'est-ce que radical signifie?

Honnêtement je ne pense pas être la personne experte pour répondre à ces interrogations sur le capitalisme et la lutte des classes.
J'ai mon histoire personnelle avec le mot classe. C'est l'été dernier que pendant un atelier sur le concept de classe, j'ai vu ce mot sous un jour nouveau. Je le comprenait enfin comme un concept pour illuminer mon analyse des oppressions plutôt qu'un pivot de blabla sur le déterminisme social. La classe est un concept complexe et pas forcément enfermant. Comme le genre, la classe peut être à mon sens une narration qui apporte quelque chose à la compréhension de nos choix, de nos possibilités et des oppressions que nous subissons. Pendant l'atelier il nous a été demandé de nous concentrer sur un souvenir de notre enfance qui pour nous symbolisait la marque de la classe dans laquelle nous étions néEs. Je pense que c'est un exercice très intéressant à faire, il s'agissait de prendre quelques minutes pour y réfléchir et ensuite partager avec sa/on voisinE.
Je pense qu'on reconnaît surtout sa classe en comparant avec les autres, quand on est confrontéEs à la différence. Quand on est enfant on peut le comprendre très jeune. Mes parents (un couple hétérosexuel) se sont séparés alors que j'étais encore un bébé et j'ai grandi en voyageant d'une classe à une autre, donc c'était très facile pour moi. Et oui parce que la classe, c'est comme le genre c'est plus fluide qu'on ne veut bien le croire. Les divorces par exemple peuvent avoir pour effet de faire grandir les enfants entre deux classes. Ou bien certaines situations de la vie peuvent totalement vous faire changer de classe.
J'ai donc commencé par là, m'interroger sur les conséquences et les ramifications de ma classe sur ma vie. Ce qui m'a enfin permis de ne plus avoir honte du fait que j'ai été élevée dans une classe supérieure avec une culture sociale aristocratique. Oui, je sais, c'est du lourd. Bien sûr il me font toujours honte et d'ailleurs je les évite au possible. Mais je n'ai plus honte de faire mon coming out de classe. Parce que je pense que ce qui est honteux c'est de nier le fait que la classe d'où on vient a une influence sur les privilèges / oppressions qui affectent nos vies et celles des autres. Dans mon cas ce qui serait honteux c'est de ne pas reconnaître mes privilèges, de ne pas les analyser, de ne pas être sans arrêts conscientE dans mes choix de vies ou interactions avec les gens ou projets que j'entreprends que ça a une influence.
Ensuite je me suis vite enthousiasméE à incorporer ce nouveau concept dans ma grille d'analyse des oppressions afin d'un peu mieux comprendre le monde et comment le rendre meilleur. J'aborhe la notion "d'oppressions multiples". Ce truc est complètement idiot. Comme si les gens étaient bien rangés dans leur compartiments d'handicapés, de gouines, de femmes, de noirs etc. Je lui préfère le concept d'intersectionnalité. Oui parce que les oppressions intersectent en certains points, de manière générale, ou de manière contextuelle. Exemple de manière générale: l'âge convenable pour avoir des relations sexuelles pour les filles est moins élevé dans les classes populaires (zut comment on dit "working class" en français? populaire ça me paraît pas dire ce qu'il faut). D'ailleurs quand j'ai déménagé à l'âge de 12 ans chez mon père dans sa classe supérieure, et bien au collège parmi mes "semblables" j'étais bien la seule a avoir dejà eu une expérience sexuelle. Autre exemple: quand vous êtes handicapéE les gens considèrent que vous n'avez pas de vie sexuelle, encore moins une orientation sexuelle. Exemple contextuel: un jour quand j'attendais le bus de nuit avec des amiEs, un type m'a pris ma casquette, je suppose pour me provoquer. J'ai compris qu'il m'avait pris pour un mec quand j'ai ouvert la bouche. Là tout d'un coup, partant du nouveau présupposé que je suis une fille, il m'a rendu ma casquette. Nous devons être conscientEs que les oppressions ne partent pas toujours de nos identités, mais de ce que les autres croient voir. En matière de classe les apparences sont très trompeuses aussi parce que bien qu'une très petite partie de la société développe une culture de classe supérieure, une énorme partie de la société passe son temps à essayer d'imiter cette culture, à avoir l'air d'être de la classe supérieure.

Voilà pour ce que je voulais dire sur la classe. Pour le capitalisme je n'arrive pas encore à bien formuler ma pensée alors je laisse germer. Peut-être que cela peut en intéresser certainEs, il y aura une conférence sur le capitalisme et la libération queer à Berlin cet été, je ne fais que passer l'info, je ne suis pas sûre d'y participer.

Alors comment, si on s'intéresse un peu et qu'on est curieux, intégrer ces problématiques dans l'activisme LGBTQ jeunesse?
Bon aller à ce genre de conférence ou ateliers, pour s'éduquer, discuter, se faire son opinion.
Mais aussi soumettre ces thèmes à la discussion dans votre groupe ou votre asso. Une discussion honnête et curieuse ne fait pas de mal et peut-être qu'il en ressortira quelque chose.
Deuxio, regarder autour de soi dans son groupe ou son asso. Qui est là? des gens de toutes couleurs (je voudrais pointer au passage le fait que Blanc est une couleur), de tous les genres et expressions de genre? de toutes les orientations sexuelles (hétéro c'est une orientation sexuelle aussi hein)? toutes les dispositions? Essayez pleins de catégories d'oppressions et structures de pouvoir et remettez en question votre asso. Qui détient le pouvoir? qui n'est même pas là? qui ne se sent pas à l'aise? est-ce que le local/bureau de l'asso ou n'importe quel autres point de rendez-vous est accessible aux personnes handicapées? Il se peut que vous passiez pour l'emmerdeurSE de service. Mais c'est comme ça que les changements naissent, des critiques et des remises en question.




Enfin je voulais répondre ici à la dernière question qui je trouve est très intéressante et rarement posée de manière aussi candide: Qu'est-ce que radical signifie?

Même si tu ne fais pas devenir ton groupe soudainement un mouvement queer radical anti-capitaliste, ça vaut quand même le coup de prendre le temps d'évaluer quels sont les principaux objectifs que votre groupe soutient ou se bat pour. Et essayez de vous posez la question "est-ce que ça correspond vraiment aux problèmes quotidiens que des personnes qui fréquentent mon groupe ou mon asso?"
Par exemple l'article décrit comment le mariage et la filiation sont devenus les revendications prioritaires du mouvement LGBT à cause de l'appropriation du mouvement par les préoccupations classe moyenne capitaliste assimiliationiste et donc dominantes de certainEs.
Ca ne va pas vous surprendre d'entendre que le mariage et les enfants ne sont pas les principaux problèmes de la jeunesse queer mais plutôt l'estime de soi, l'éducation, la famille, l'isolation... alors pourquoi ne pas pousser un peu ces sujets en avant? Est-ce que c'est vraiment juste que ces sujets passent après le mariage et les enfants? Ca a un sens pour vous ça? En France 13 fois plus de jeunes homos/bis que d'hétéros se suicident. Qui meurt de ne pas pouvoir se marier légalement? Nos priorités sont à revoir!
En tant que personne transgenre (c'est à dire que j'ai une expression de genre qui ne correspond pas à ce qui est attendu de moi par les normes sociales selon le sexe qui m'a été assigné à la naissance), mon souci de tous les jours c'est comment je peut me sentir en sûreté dans les rues que j'ai envie ou besoin de traverser? Comment je peux arrêter tous ces gens qui me parlent comme si j'étais le problème et que je devrais leur dire merci pour être à peu près toléréE? Comment je peux arrêter de voir mon existence constamment débattue dans les médias comme si c'était une histoire de "style de vie" ou de choix alors que jamais on ne fait de débat si oui ou non les hétéros sont des gens bien, qui peuvent se marier ou pas, qui méritent de vivre ou pas??? Ce à quoi je fait face tous les jours c'est l'oppression.
Aujourd'hui je vis en Suède où les couples de même sexe ont le droit de se marier et d'avoir des enfants légalement. Je suis ravie pour eux/elles. Et sans ausun doute cela affecte toutes les luttes LGBTQ et quelque part ça a une influence positive sur chacun d'entre nous. Mais si vous pensez que la Suède s'est débarasséE des oppressions par cela, vous faîtes fausse route. C'est toujours une culture raciste, sexiste, classiste ... et c'est toujours homophobe et transphobe.

Ne laissez pas des hommes gays plus âgés vous dire ce qui est le plus important. Vous savez très bien ce qui est le plus important pour vous quand vous prenez le temps de vous regrouper et de parler de vos vies et de vos problèmes, ils ne vous laisserons pas parler si vous ne voulez pas jouer leur jeu (ils vous dirons que vous êtes trop jeunes pour comprendreou pour avoir une opinion, ils vous ridiculiserons peut être). Mais n'abandonnez pas. Le militantisme c'est de la survie. Se lever et rendre la survie et l'expression de TOUTE la jeunesse possible en dehors des normes hétéropatriarcales, voilà qui est déjà bien radical pour moi.

mercredi 28 octobre 2009

Je te tolère, tu me tolères

Suite à mon article sur ce qu'est la Tolérance, je désire maintenant partager avec vous un outil simple et efficace pour arriver aux mêmes conclusions sans grandes théories.

Laissez moi vous présenter un exercice appelé "I tolerate you" ou "l'exercice de la Tolérance".

Qu'est-ce que j'entends par "exercice"? Une sorte de jeu, une activité à faire en groupe qui permet d'impliquer nos corps dans la réflexion, en particulier pour celui-ci par le moyen de la simulation.

Il faut quelqu'unE qui organise l'exercice et s'assure de son bon déroulement du début jusqu'à la fin et ça pourrait être vous!

voici l'exercice.

Exercice de la Tolérance:

L'exercice de la Tolérance est une simulation dans laquelle les participants font l'expérience à la fois d'être tolérés et de tolérer. Cet exercice a pour but de faire réfléchir les participants sur la tolérance et d'étudier le pouvoir et l'influence de celles et ceux qui rentrent dans la norme.

1ère partie.

Demandez au groupe de se promener dans la pièce ou l'espace donné et de s'arrêter à chaque personne qu'iels rencontrent. Lorsqu'iels rencontrent une autre personne ceux ci sont invités à faire un commentaire sur l'apparence de cette personne. ATTENTION: ce commentaire doit être NEUTRE.
Par exemple il y a une énorme différence entre: "Je vois que tu as un T-shirt blanc" et "Ton Tshirt a une couleur atroce". Vous notez la différence n'est-ce pas?
La personne qui reçoit le commentaire doit dire "MERCI" puis continuer son chemin.

Pour expliquer l'exercice au groupe il peut être bien de montrer l'exemple ci dessus avec une personne que vous auriez briefé avant.

Donnez 5 min environ au groupe pour faire ça (ça dépend de la taille du groupe).

2ème partie

Demandez au groupe de faire la même chose, se promener dans l'espace et s'arrêter quand iels rencontrent quelqu'un et de commentez l'apparence de cette personne, cette fois en précisant qu'iels le tolère.
Par exemple: "Je vois que tu as un T shirt blanc et je le tolère." ou "et ça ne me dérange pas", "ça ne me gêne pas".
La personne en face doit répondre "MERCI".
Encore une fois montrez l'exemple avec un complice.

3 ème partie.

Faîtes des groupes de 3. Dans chaque groupe 2 participantEs commentent l'apparence de la troisième personne en précisant qu'iels tolèrent celle-ci.
Par exemple: "Je vois que tu as un jean bleu, mais tu sais je n'ai rien contre" et la deuxième personne dirait "oui j'ai des tas d'amis qui ont des jeans bleus, même si moi-même je n'en porterais pas".

Montrez l'exemple avec deux complices.

(Je pense que c'est très important de montrer un exemple avant chaque partie de l'exercice.)

4 ème partie.

Après un tel exercice, il est capital de faire un débriefing. Faîtes asseoir le groupe en cercle, parlez et bougez lentement, de manière à créer une atmosphère de calme dans laquelle chacunE peut se sentir en sécurité pour s'exprimer. Asseyez vous aussi.

1)Commencez par remerciez le groupe d'avoir participé à l'exercice. Un exercice ne peut bien se passer si les participantEs ont la volonté de jouer le jeu et que ça se passe bien.

2) Demandez au groupe de prendre quelques minutes de réflexion et ensuite invitez les participantEs à exprimer les émotions et pensées qui leur viennent par rapport à l'exercice.
Cette discussion peut prendre très vite la forme d'un débat, soyez vigilant et posez vous en position de modérateur/rice. Il s'agit de faire en sorte que les participantEs ne se coupent pas la parole, restent respectueux des opinions différentes et expriment leur vues de façon constructive avec le reste du groupe.

4) Demandez leur ce que ça leur a fait d'être toléré? de tolérer?

5) Réflexion sur la société. Qui est toléré dans notre société? qui tolère?

6) Pour théoriser un peu vous pouvez leur demander quels sont selon eux les avantages et les inconvénients de la tolérance. Diviser une feuille en deux et lister les avantages et les inconvénients. Quelle colonne comptabilise le plus de commentaires?

Voilà bonne chance. Cet exercice a tout à fait vocation à avoir lieu dans votre asso mais aussi pendant une intervention dans une classe. La tolérance est un concept (malheureusement?) très bien connu/répandu et vous frapperez toujours dans le mile.

lundi 27 avril 2009

MINGLE - espace pour les étudiants queer internationaux

Une autre partie très intéressante de mon projet consiste à organiser des activités pour les étudiants étrangers LGBTQ qui étudient à Stockholm.

Les étudiants LGBTQ internationaux peuvent être discriminés sur la base de leur orientation sexuelle, leur identité et expression de genre, du fait qu'ils sont jeunes et enfin du fait d'être étrangers. Il était donc particulièrement important aux yeux de SFQ de s'adresser à eux/elles.

Un des sujets sensibles concernant les étudiants LGBTQ étrangers (en échange universitaire par exemple) est l'homophobie / la transphobie. En effet certains viennent de pays où l'homosexualité est encore criminalisée / où leur transidentité est impossible à vivre, où l'environnement est très hostile à leur identité / sexualité, où ils ont pu subir une homophobie / transphobie d'une violence intolérable. Bien qu'il y ai de fortes chances pour qu'ils se sentent relativement plus safe en Suède, qui est un pays assez évolué, au niveau les lois et des politiques sociales en ce qui concerne les personnes LGBT, beaucoup d'entre eux ne peuvent pas être qui ils/elles sont dans leurs résidences étudiantes, ont peur d'être complètement ouverts par rapport à leur identité/orientation sexuelle vis à vis des étudiants (principalement étrangers également) avec qui ils partagent leur couloir.
Ainsi il est extrêmement important de leur proposer un espace safe en dehors de l'univers étudiant. Bien que les activités proposées seront plutôt orientées sur l'idée de partager des moments ensemble et d'apprendre à se connaître, nous seront à l'écoute si l'unE d'entre eux désire partager un moment difficile avec nous, s'ouvrir et être écoutéE. J'ai personnellement développé ce type de compétences en travaillant comme bénévole accueillantE au MAG.

Arriver dans un pays, un environnement social et étudiant complètement différent est souvent une expérience pleine de défis voire difficile. Les étudiants internatioanux n'ont ni repères ni réseau social / amiEs dans leur nouvel environnement. Ce qui peut représenter une difficulté supplémentaire pour les étudiants LGBTQ. Il se peut qu'ils ne trouvent pas d'emblée des espaces safe pour leur identité / orientation sexuelle, de nouveaux amiEs ouverts et qu'ils ne se sentent pas d'être complètement ouverts à propos de ce qu'ils sont avec leurs nouveaux camarades. De plus il se peut qu'ils soient encore eux-même en prise à leur propre homophobie / transphobie interiorisée et peuvent donc avoir besoin de modèles de représentation pour s'approprier et assumer leur identité / orientation sexuelle dans ce nouvel environement.

Bien sûr il y a des associations LGBTQ locales dans les universités de Stockholm où ils peuvent aller pour rompre leur isolement. Le problèmes c'est que les informations les concernant et les activités qu'elles organisent sont en suédois. De plus ces associations ne sont pas toujours inclusives pour les étudiants étrangers, ni péparées à gérer une situation inter-culturelle.
SFQ, par son engagement et travail au niveau international et son expérience d'accueil de volontaires SVE (à mon bureau nous sommes 5 et il n'y a qu'une seule personne de nationalité suédoise et qui parle suédois), voulait s'addresser à ces étudiants, qui parfois ne sont de passage en Suède que pour un semestre et qui doivent en tirer le meilleur parti.

Après avoir bien cogité et fait notre petite enquête sur la vie étudiante de Stockholm, Augustas et moi avons commencé. Ca s'appelle MINGLE - Space for International Queer Students et si vous étudiez à Stockholm il vous serait difficile de passer à côté de nos affiches que nous (enfin Caro et Yohan, des étudiants français qui n'ont pas hésité à nous aider) avons collés dans les universités et les résidences étudiantes de Stockholm.

Le premier MINGLE s'est très passé. Environ une vingtaine de personnes sont venues. Nous voulions organiser ce qu'on appelle des "Ice-breaking activities", c'est à dire des activités pour briser la glace, des jeux pour faire en sorte qu'au bout de deux heures les particpants se soient mélangé, ai parlé à des personnes qu'ils/elles ne connaissaient pas et ai fait de nouvelles rencontres.

Briser la glace:

Se présenter:

Une fois qu'ils/elles on été suffisamment nombreuses, nous avons formé un cercle. Je tenais une balle de tennis dans ma main. J'ai dit mon prénom et un truc de sympa qui m'était arrivé récemment et je l'ai lancé à quelqu'un d'autre qui a fait de même.

Mémoriser les prénoms:

Quand la balle est revenue à moi, on est passé à un autre jeu. L'idée était que je devais lancer la balle à la même personne à qui je l'avait lancé au premier tour, en disant mon prénom et le sien. C'est l'occasion de redemander les prénoms, dans un contexte social normal on peut être parfois très embarassé de redemander le prénom de la personne alors qu'on a déjà entamé une conversation. La balle peut soit suivre le même chemin que lors du premier tour, soit un chemin différent.
Je recommande un troisième tour au minimum, soit avec le même chemin mais à l'envers, ce qui permet de mémoriser au moins deux prénoms, soit plus vite, soit avec plusieurs balles. Dans ces cas là c'est souvent un peu le bordel, ce qui est très drôle, et cela demande aux participants d'être patient aussi et d'attendre le meilleur moment pour demander de l'attention de la part des uns des autres, excellent exercise de construction de groupes par le défi qu'il représente. Si vous aller jusque là il est très important de demander aux particpants, une fois le tour de plusieurs balles terminé, de parler de leur expérience et de ce qu'ils ont ressenti pendant l'exercise. Faire faire un exercise sans discuter ensuite de ce qu'ont en tirer revient à ne rien faire du tout. autre chose: toujours participer aux exercise qu'on organise. C'est le meilleur moyen qu'ils se déroulent comme vous voulez et il n'y a pas de hiérarchie entre la personne qui organise un tel exercise et les personnes qui le font pour la première fois.

Apprendre à se connaître:

Lorsqu'ils / elles arrivaient au MINGLE, avant de commencer les activités on demandait calmement, après avoir un peu papoté, à chaque personne présente d'écrire sur un papier un légume ou un fruit ou un plat (enfin un truc qui se mange quoi!) et de le plier avant de le mettre dans un saladier.
Une fois que les jeux de balles ont été terminés, on a demandé à chaque participant de piocher un papier. La consigne était de trouver la personne qui avait écrit qu'elle était, par exemple, une salade, et de se trouver au moins 5 points communs avec cette personne. A moins que la personne qu'on ai pioché nous ai pioché nous aussi, on doit parler et discuter avec au moins 2 personnes et se trouver des points communs avec ces deux personnes. Les participant spouvaient faire cela tout en mangeant de chips et buvant des sodas et on a les a laissé discuter pendant 45 minutes.

Ensuite on est revenu en cercle et chacun a présenté la personne qu'il.elle avait pioché ainsi que les 5 points communs qu'il/elle avait avec cette personne. Ce jeu montre à tous les participants qu'il est très facile de se trouver des points communs avec des gens qu'on ne connaît ni d'Eve ni d'Adam.

Ensuite apres encore quelques chips et sodas, la soirée a continué dans un bar pa sloin, mais augustas et moi n'avons pas suivi, occupés à ranger. Le prochain MINGLE aura lieu bientôt et je pense que ça sera une soirée vidéo.

lundi 20 avril 2009

Visite de la branche locale de SFQ à Linköping

Dans le cadre de mon projet, je dois collecter de bonnes pratiques de militantisme local. Il était aussi précisé que, afin de mieux connaître SFQ, j'irais visiter les branches locales de la fédération. C'est ainsi que je suis partie 3 jours à Linköping et Norrköping:
Linköping:

J'ai été accueilli par les membres du conseil d'administration de Regnbågen (Rainbows), l'association des étudiants LGBTQ de l'université de Linköping. Cette association est une des branches locales de SFQ. Je m'y suis fait de nouveaux amiEs: Lex, Emil, Yohan et Fiffo, du conseil d'administration de Regnbågen. Cette association inclus les personnes trans et queer.

En partenariat avec la pride de Norrköping, Regnbagen organisait le jeudi soir, un concert dans la cafétéria de la maison du syndicat étudiant de l'université de Linköping.

Yels ont obtenu de l'argent pour organiser ce concert en faisant une demande auprès de SFQ qui subventionne des évènements de ses branches locales, qui doivent pour cela déposer des projets. Je pense que c'est excellent que ce soit possible notamment parce que comme ça les activistes locaux apprennent à rédiger des projets et faire des demandes de subventions envers une organisation queer et qui veut les aider.
Yels ont utilisé cet argent pour payer la chanteuse et son hôtel, l'impression de dépliants et de sweat-shirts avec le logo de l'asso.

Ils ont obtenu le lieu par leur excellente collaboration avec le syndicat étudiant de la fac qui y voit son intérêt vu que pendant le concert la cafétéria était bondé de monde qui mangeaient et buvaient, l'argent de ces consommations allant droit dans la caisse du bar du syndicat.

Le concert était une action de visibilité, de socialisation et d'information.

  • Socialisation:
Regnbågen a invité une chanteuse lesbienne et féministe assez connue en Suède qui a chanté pendant une heure dans le pub du syndic étudiant. Les gens semblaient connaître par coeur les
paroles de ses chansons et il y a eu un monde fou qui est venu, certaines personnes partaient parce qu'yels ne pouvait pas s'asseoir, c'est vous dire. L'ambiance était festive, le concert était un succès.


  • Visibilité:
A l'entrée les membres de Regnbågen , touTEs vêtuEs de sweat shirt à l'effigie de l'association tenaient un stand d'information avec des dépliants d'information sur l'association. Au fond de la salle une banderole "Regnbågen" était accrochée au mur. La visibilité de l'association était très bonne. Sur le stand ont pouvait également adhérer, pour 2 euros, et/ou acheter des patchs pour vêtements avec le logo de leur asso.
L'idée était aussi de faire de la pub pour la Pride de Norrköping (Linköping et Norrköping sont villes jumelles et très proches géographiquement l'une de l'autre, environ 30 minutes avec le train régional) qui commençait le lendemain. Lier son évènement local avec un évènement de plus grande ampleur est toujours une bonne stratégie de visibilité.

  • Information:
En plus des membres de l'asso qui étaient présents au stand pour parler avec les gens et des dépliants de présentation expliquant clairement ce que LGBTQ veut dire, yels organisaient également un Quizz sur les trans, ce qui est un moyen très ludique et interactif de faire de l'information et d'animer un stand.
5 questions à choix multiples étaient affichées et on pouvait remplir un petit papier avec ses
réponses et son nom.

Voici le quizz (en bleu les bonnes réponses):

Trans Quizz

Qu'est-ce qu'une personne cisgenre ?
1. Une personne malade 2. Une personne qui ne se sent pas trans 3. Un robot

Quelle orientation sexuelle ont les personnes trans?
1. Homosexuelle 2. Hétérosexuelle 3. C'est différent pour chaque personne

Qu'est-ce que T signifie dans LGBTQ?
1. TranssexuelLE 2. TravelotE 3. Personne Trans - un terme qui couvre diverses identités

Le Transsexualisme est-il une orientation sexuelle?
1. Oui 2. Non, c'est considéré comme une maladie 3. Non, c'est une position politique

Que signifie TIG?
1. Transaction de l'Identité Générale 2. Trouble de l'Identité de Genre 3. Torsion Inter Galactique

(Je précise qu'il n'a pas été facile de traduire ce test du suédois vers l'anglais puis vers le français en prenant compte des contextes et discours militants qui sont différents en Suède et en France et que ce n'est qu'un exemple. Pour moi il s'agit de diffuser le concept, l'idée est que chaque asso fasse le sien, sur d'autres sujets également.)

A la fin du concert, Lex a sélectionné ceux qui avait tout juste et est monté sur la scène pour donner les réponses. 5 "gagnants" avaient été sélectionnés. Le premier a gagné un CD de la chanteuse, le deuxième un T shirt assorti au CD et les autres des patchs Regnbågen.

Plus sur Linköping:

Une ville très mignonne et très petite. Il semblerait que cette ville soit un repère de trans qui viennent faire leur transition ici à cause de l'équipement médical disponible sur place (opérations). Il n'y a pas d'asso spécifiquement trans pourtant. Lex voudrait démarrer un groupe de soutien trans et a commencé à se faire des contacts intéressants. Je lui souhaite beaucoup de réussite et je le soutiendrais et lui donnerait un coup de main. Et je reviendrais sans doute pour liquider des pisse-debout, c'est un bon contact, il sera sans doute motivé pour en recommander avec moi, car il m'en reste mais il faut avoir des perspectives d'expansion. Il faisait beau aujourd'hui quand nous avons visité la ville ensemble. J'ai mangé ma première glace de "l'été" suédois. Maintenant j'ai mal à la gorge comme si j'allais avoir une angine, alors je regrette un peu.

Norrköping

La Peking Pride est le premier évènement de fierté LGBTQ se tenant dans la ville de Norrköping. J'étais très heureuse de participer à cette première. Tout comme Linköping, Norrköping est une petite ville d'environ 130 000 habitants. (Pour vous donner un point de comparaison, Nîmes et Tours ont également 130 000 habitants).

La Pride est plutôt un festival se déroulant sur deux jours, et non pas une marche. Ca commence le vendredi soir avec notamment un discours d'ouverture de Ulrika Dahl, une militante Fem. Elle a fait un discours absolument génial, dans la rue devant le bâtiment où se tenaient les expos, super féministe et queer, plein de puissance et de radicalité. "We're queer, we're here, get the fuck used to it!" et "I'm not gay as "happy", I'm queer as fuck you!"

Le programme comprenait des performances de mimes, des lectures de textes politiques et érotiques, des concerts d'artistes queer, des expositions. Il y avait notamment une expo de photos de sexes féminins et comme la photographe était présente, des horaires et un espace avaient été aménagés pour que des volontairEs fassent prendre en photo leur sexe. Bien sûr j'étais volontaire. Allez visiter son site, ce qu'elle fait est tellement important pour la représentation positive et la visibilité du sexe féminin dans notre culture qui valorise la bite et invibilise les chattes. Il est aussi important de participer à ce type de projet afin de montrer la diversité des formes, couleurs, pilosité et je ne sais quoi encore que les chattes peuvent prendre.

La visibilité de Regnbågen pendant cet événement était très bonne. Sur le programme de festival le concert de Regnbågen qui avait eu lieu la veille était mentionné en premier. De plus nous avons pu accrocher la banderole de Regnbågen dans un des lieux ou se tenait le festival.

Entre parenthèse sur les banderoles:

Il y a plusieurs écoles. CertainEs peignent le tissu, d'autres cousent, d'autres collent les lettres avec de la glue.

Je vous donne ce que moi j'ai trouvé de mieux, que j'ai appris en bossant au MAG.
Au lieu de peindre ou de coudre les lettres ou encore de les coller sur le tissu procurez vous du papier adhésif Vénilia. On en trouve à Mr. Bricolage au rayon déco. Il en existe de toute les couleurs, c'est pour faire de la déco habituellement. Il y en a un qui est blanc plutôt lisse et brillant comme du véléda (tableau blanc comme dans les écoles). Ca coute 12 euros le rouleau.
Ensuite découper les lettres dedans. C'est super facile il y a des carreaux pour vous aider à couper droit et la bonne taille au verso du papier. Je vous conseille, pour un résultat plus propre,
de faire des patrons en imprimant les lettres dont vous avez besoin en grand sur votre ordi.
Ensuite collez-les pour faire passer votre message. Il passera bien clairement car le résultat est
bien visible, clair et propre et ça résiste à la pluie du 1er décembre.

Autre chose. Même si c'est un peu cher, investir dans du schotch Chatterton évite pas mal de soucis. Le gros schotch marron ça colle pas bien sur les mur en pierre alors on doit en mettre des masses et c'est moche! Le Chatterton marche sur tout, pour que votre banderole se tiennent fièrement n'importe où par vent et marées, à l'extérieur comme à l'intérieur.

Le samedi, le festival se tient toute la journée et le programme est plutôt chargé et très intéressant avec notamment une visite du musée d'art de Norrköping avec une perspective queer.

Regnbågen devait tenir un stand d'information toute la journée mais celui qui devait apporter les dépliants et le matériel l'avait oublié et l'organisation du festival ne leur avait pas réservé de table au final. Lex a donné une interview pour le journal local. Visibilité visibilité. (Lex est FTM).

Après avoir fait photographié mon sexe et mangé, j'ai assisté à une reprise queer de "Summer love" de Grease par un groupe de jeunes chanteurs et chanteuses qui avait inversé les paroles et l'expression de genre des performers. C'était fabuleux.

Quelques pisse-debouts vendus plus tard (note pour moi-même: préparer un stand de visibilité
pour les vendre et en parler), nous filons à un débat sur un livre écrit par une lesbienne sur les violences conjugales au sein des couples de même sexe. Un sujet dont on ne parle bien sûr jamais en France. Apparemment c'est plutôt nouveau aussi en Suède. Ce livre a été publié par une maison d'édition qui publie tous les livres queer en Suède : "Normal".

D'autres expos et lectures et débats avaient lieu mais évidemment je ne pouvait pas être partout, ni tout comprendre. Une soirée était organisée le soir mais je devais malheureusement
déjà dire au revoir à mes nouveaux amis et prendre mon train pour Stockholm avec plein d'idées
de projets en tête, beaucoup d'énergie et un grand sourire au lèvres, la Suède étant définitivement un pays que je commence à aimer de tout mon coeur.

J'ai vraiment hâte de visiter d'autres branches locales de SFQ, cette association est tout simplement géniale, je ne me suis jamais sentiE aussi bien dans une association. Début Mai j'irais visiter la branche locale de Skövde.