Le programme qui me donne l'opportunité de partir un an à Stockholm afin de mener un projet dans une association et d'être rémunéré pour cela s'appelle le Service Volontaire Européen (SVE ou EVS en anglais).
Trop peu de jeunes connaissent l'existence de ce programme génial qui me sauve littéralement la vie puisque je n'ai absolument aucun autre projet intéressant et viable à l'heure qu'il est. C'est bien curieux. Je suppose qu'ils préfèrent dépenser leur argent dans les projets plutôt que pour en faire la promotion. En tout cas je me sens une obligation morale d'en parler à tous tant il peut représenter une chance formidable pour d'autre jeunes comme moi. A vrai dire si je n'avais pas rencontré des volontaires ou anciens volontaires je n'en aurai jamais eu vent. C'est donc mon rôle de volontaire, c'est d'ailleurs stipulé dans le projet, d'en parler autour de moi.
Alors voilà, un SVE, c'est quoi?
Europe cares for YOUth
La commission européenne de l'UE a instauré un programme qui s'appelle Jeunesse en Action (Youth in Action Program). Ce programme comporte plusieurs volets. Le premier est notamment celui qui finance chaque année de nombreux évènements jeunesse LGBT ou autres comme des "study sessions", " trainning courses" ou "youth exhchanges", ces 3 réalités quelques peu différentes que je ne peux désigner en français que sous le nom de "séminaires". J'y reviendrais mais j'insiste sur le fait qu'obtenir de l'argent pour organiser ce type d'évènements sur une thématique LGBTQ est variablement difficile selon le pays de l'UE dans lequel on vit, étant donné que l'hostilité institutionnelle aux personnes et projets militants LGBTQ n'est pas la même aux Pays Bas et en Pologne. En revanche la commission européenne et le programme Jeunesse en action aurait plutôt tendance à soutenir avec enthousiasme ce genre d'initiative. Elle encourage au contraire les partenariats avec des assos d'autres pays, la rencontre des cultures, la création de réseaux militants. En Europe ce programme est réellement le moteur d'un militantisme jeunesse LGBT européen. Les séminaires organisés permettent à de nombreux jeunes de voyager, de rencontrer d'autres jeunes LGBT européens, de vivre l'expérience unique de se retrouver dans un contexte safe pendant une semaine entière, de réfléchir sur leur militantisme et de tisser des réseaux en vue d'autres projets internationaux. En ce qui me concerne, ces séminaires ont grandement contribué à ma réflexion militante, mon empowerment et mon épanouissement personnel. Il fallait me voir, à chaque fois que je revenait de séminaire, le sourire aux lèvres, prendre tout un chacun dans mes bras, et me remettre sereine et énergique à mon travail pour le MAG, pleines de nouvelles idées en tête.
No Future? European youth in ACTION!
Le deuxième volet de ce programme est le Service Volontaire Européen. Ce programme, basé sur le principe de l'éducation non-formelle, est ouvert à TOUS les jeunes européens entre 18 et 30 ans. Les jeunes turques aussi, la Turquie étant candidate à l'Union. La durée maximum du service est d'un an mais on peut également partir moins longtemps. Pas besoin de connaître la langue du pays, d'avoir le Bac ou quelque autre niveau d'études, ou encore quelque compétence particulière. Le programme inclus la plupart des pays du monde mais il y a pleins de petites exceptions, en dehors de l'Europe, sur qui peut aller où. Et en tant que personne LGBT je suis considérée comme "jeune avec moins d'opportunité", ce qui est un plus.
Le site de la Commission européenne est super clair et très intéressant; il répondra à toutes vos questions (en haut à droite vous pouvez changer de l'anglais vers le français).
Tous les projets se font autour de 3 acteurs: le ou la volontaire, l'organisation d'accueil (dans le pays dans lequel vous partez) et l'organisation d'envoi, dans votre pays. Les organisations d'envoi et d'accueil doivent d'abord être accréditées par le programme pour accueillir ou envoyer des volontaires. Si vous-mêmes êtes impliqué dans une association, je vous conseille fortement de jetez un oeil aux conditions d'accréditations pour envoyer ou recevoir des volontaires, votre association dans les deux cas, en bénéficiera grandement!
Mon organisation d'envoi est le CIDJ, Centre d'information et de documentation jeunesse, (vous savez cet énorme truc quai Branly). Pour contacter le service qui s'occupe des SVE au CIDJ:
CIDJ - SVE
101, quai Branly
75740 Paris Cedex 15
Courriel : sve@cidj.com
Tél : 01 44 49 29 28
Iels tiennent également un blog sur le SVE, à visiter si vous êtes intéresséEs par le programme:
http://sve-cidj.jimdo.com/
J'ai eu un très bon contact. C'est son job d'envoyer des volontaires, il saura donc vous aider dans votre projet. Il organise régulièrement des réunions d'informations sur le Service Volontaire Européen. En plus je me charge déjà de queeriser un peu ce service et c'est plutôt open ;)
Au-dessus de ces 3 acteurs il y a bien sûr l'Agence Nationale du Programme Jeunnesse en Action. Pareil ils sont très sympa, n'hésitez pas à les appeler. C'est eux qui, dans ma panique fin octobre pour trouver une organisation d'envoi, m'avaient orienté vers le CIDJ.
INJEP - Institut National de la Jeunesse et de l'Education Populaire
11 rue Paul Leplat
78160 Marly le Roi
Tel: 01 39 17 27 70
mail: sve@injep.fr
Il y a des projets LGBT mais bien sûr pas que. Si vous êtes kamikazes pourquoi pas un projet en Moldavie? ça c'est du dépaysement! En tant que personne LGBT je suis considérée comme "jeune avec moins d'opportunités", ce qui est un plus. Alors vous autres mes compagnons, jeunes et pleins de vie, qui ne voient pas d'avenir là où vous êtes, saisissez cette chance de découvrir d'autres horizons!
jeudi 1 janvier 2009
dimanche 21 décembre 2008
Meeting the Swedes
Mais pourquoi diable à Stockholm?
C'est vrai, je vous aurai balancé que je partais m'installer à Berlin ou à San Francisco, pour n'importe quel membre de notre communauté, rien de plus logique. Mais pour la Suède, un besoin d'explication se fait lourdement sentir.
Alors voici toute l'histoire:
Lorsque j'étais présidente du MAG (Mouvement d'Affirmation des jeunes gais, lesbiennes bis et trans), j'ai reçu une invitation à candidater pour un séminaire intitulé Beyond Norms - On equality in Higher Education, Au-delà des normes, De l'égalité dans l'Enseignement supérieur, organisé par ANSO (association nordique d'étudiants LGBTQ) et financé par le Conseil de l'Europe (attention c'est pas la même chose que l'Union Européenne!).
Je tiens à m'arrêter quelques instants sur cette expérience. J'ai participé à d'autres séminaires depuis mais aucun n'atteignait une telle perfection d'organisation, de qualité des activités proposées, de défi intellectuel et militant. Sur 85 candidats nous étions 30 à avoir été sélectionné selon notre niveau d'anglais, nos motivations et notre potentiel rôle de disséminateur dans notre pays. J'étais la seule participante française pour ces raisons. J'y ai rencontré un adorable pédé italien, une chercheuse roumaine qui cachait à sa hiérarchie où elle était, un président d'asso de jeunes LGBT kosovar qui payait tout de sa poche, une militante féministe géorgienne, un sublime arménien qui parlait un français délicieux et qui avait participé aux UEEH (Universités d'été Euro-méditerranéennes des Homosexualités) l'an passé, etc etc...
C'est là, entre le 1er et le 4 ème étage du Centre Européen de la Jeunesse de Budapest, parmi cette trentaine de personnages tous uniques et avec qui je partage le souvenir de cette semaine incroyable hors du temps et du monde, que j'ai conversé pour la première fois avec Linda, Monika et Pär. Ceux ci étaient membres de ce qu'on appelle la "Prep Team", l'équipe d'organisation et de préparation de ce séminaire. Est-ce mon irrémédiable attirance pour le pouvoir qui commandait cette sensation que je devais impérieusement me rapprocher d'eux? Honnêtement pour Monika je pense que l'attirance physique a joué énormément, tout comme la présomption que nous avions des choses en commun étant donné, en apparence, la proximité de nos identités de genre. Elle était également en charge du premier projet trans d'ANSO et comme j'étais moi-même très engagée et informée sur les questions trans déjà à l'époque...
Pour Linda et Pär, ce fut plus évident car suite à leur conférence sur l'hétéronormativité et la pédagogie queer, ils m'avaient ensorcelé. Moi qui pensait queer depuis si longtemps toute seule dans mon coin je n'étais tout d'un coup plus seule et on me mettait entre les mains des outils pour le mettre en pratique. Pour une fois je n'étais pas celle qui expliquait qu'il y avait plus de deux genres à l'assemblée; j'étais extatique. Le soir, pendant les repas et dans les chambres, je partageais avec les autres mon état d'euphorie intellectuelle. Pour certains, notamment ceux qui venaient de pays où le climat est particulièrement hostile aux personnes LGBT, ce bouillonnement était mêlé à la sensation palpable, même pour moi, d'un soulagement tranquille. Un type qui venait d'Ukraine et qui ne parlait pas bien l'anglais me transmettait par ses yeux brillants je ne sais quelle sensation de bonheur grave, et en y réfléchissant je me doutais que jamais il ne s'était trouvé dans un espace aussi safe de sa vie; et cela devait durer une semaine.
Je n'eut pas à faire beaucoup d'effort pour me rapprocher de Linda et Pär avec qui j'eu d'emblée de très intéressantes conversations qui approfondissait les conférences. Linda était particulièrement proche de moi, elle aussi présidente de son association, SFQ, fédération nationale des étudiants LGBTQ suédois. Je réfléchissait déjà à cette époque à ma vocation de militante et au fait que d'être présidente d'une asso avait changé et surtout révélé beaucoup de choses en moi, des choses que je chérissais comme le fait d'avoir confiance en moi, d'être travailleuse, d'avoir des objectifs qui me dépassent et une vision qui les desserts.
Linda, elle était présidente de SFQ depuis 3 ans. Elle avait 32 ans et était payée à plein temps pour ce job. ... exactement ce que j'aurai voulu pour le MAG. Je ne suis pas une fervente du professionnalisme des assos. Mais je sais d'expérience que diriger le MAG me prenait un temps et une énergie considérable et a fini par me demander une disponibilité qui allait au final bien au delà des 35h par semaines. Et bien je pensais sincèrement que si j'avais fait le choix de bosser autant c'était avant tout parce que le salaire symbolique était très important, et que je n'avais vraiment besoin de salaire pécuniaire (merci papa) ; être présidente et bosser autant me faisait un tel bien! Néanmoins je voyais le boulot formidable qui était accompli par SFQ au travers du séminaire et je sais qu'une telle qualité se rapporte à une asso où certains membres s'y consacre à plein temps.
Tels sont les sujets que nous avions évoqué ensemble avec Linda, le soir sur la moquette des salles de conférences vides ou du balcon qui donnait sur le magnifique parlement hongrois illuminé. C'est en contemplant celui-ci que je décidais de visiter mes nouveaux amis à Stockholm pendant l'été à l'occasion de l'Europride quelques mois plus tard...
Linda et moi avons gardé le contact sur Facebook et cette semaine de l'Europride à Stockholm fut terrible. J'ai pu voir Linda et Monika, traîner avec elles plus que je ne l'aurais pensé. Je découvrais Stockholm et ses charmes, je visitais les bureaux de SFQ, je rencontrais d'autres membres de cette asso, notamment Camilla, désormais présidente de SFQ, et d'autres encore. Je poursuivais mes longues conversations avec Linda, tant et si bien que lorsqu'elle me serra contre elle pour me dire au revoir le dernier soir, je su ce qu'elle disait à voix haute: elle aussi allait me manquer.
C'est cet été là, en revenant, que l'idée de partir à Stockholm s'imposa.
C'est vrai, je vous aurai balancé que je partais m'installer à Berlin ou à San Francisco, pour n'importe quel membre de notre communauté, rien de plus logique. Mais pour la Suède, un besoin d'explication se fait lourdement sentir.
Alors voici toute l'histoire:
Lorsque j'étais présidente du MAG (Mouvement d'Affirmation des jeunes gais, lesbiennes bis et trans), j'ai reçu une invitation à candidater pour un séminaire intitulé Beyond Norms - On equality in Higher Education, Au-delà des normes, De l'égalité dans l'Enseignement supérieur, organisé par ANSO (association nordique d'étudiants LGBTQ) et financé par le Conseil de l'Europe (attention c'est pas la même chose que l'Union Européenne!).
Je tiens à m'arrêter quelques instants sur cette expérience. J'ai participé à d'autres séminaires depuis mais aucun n'atteignait une telle perfection d'organisation, de qualité des activités proposées, de défi intellectuel et militant. Sur 85 candidats nous étions 30 à avoir été sélectionné selon notre niveau d'anglais, nos motivations et notre potentiel rôle de disséminateur dans notre pays. J'étais la seule participante française pour ces raisons. J'y ai rencontré un adorable pédé italien, une chercheuse roumaine qui cachait à sa hiérarchie où elle était, un président d'asso de jeunes LGBT kosovar qui payait tout de sa poche, une militante féministe géorgienne, un sublime arménien qui parlait un français délicieux et qui avait participé aux UEEH (Universités d'été Euro-méditerranéennes des Homosexualités) l'an passé, etc etc...
C'est là, entre le 1er et le 4 ème étage du Centre Européen de la Jeunesse de Budapest, parmi cette trentaine de personnages tous uniques et avec qui je partage le souvenir de cette semaine incroyable hors du temps et du monde, que j'ai conversé pour la première fois avec Linda, Monika et Pär. Ceux ci étaient membres de ce qu'on appelle la "Prep Team", l'équipe d'organisation et de préparation de ce séminaire. Est-ce mon irrémédiable attirance pour le pouvoir qui commandait cette sensation que je devais impérieusement me rapprocher d'eux? Honnêtement pour Monika je pense que l'attirance physique a joué énormément, tout comme la présomption que nous avions des choses en commun étant donné, en apparence, la proximité de nos identités de genre. Elle était également en charge du premier projet trans d'ANSO et comme j'étais moi-même très engagée et informée sur les questions trans déjà à l'époque...
Pour Linda et Pär, ce fut plus évident car suite à leur conférence sur l'hétéronormativité et la pédagogie queer, ils m'avaient ensorcelé. Moi qui pensait queer depuis si longtemps toute seule dans mon coin je n'étais tout d'un coup plus seule et on me mettait entre les mains des outils pour le mettre en pratique. Pour une fois je n'étais pas celle qui expliquait qu'il y avait plus de deux genres à l'assemblée; j'étais extatique. Le soir, pendant les repas et dans les chambres, je partageais avec les autres mon état d'euphorie intellectuelle. Pour certains, notamment ceux qui venaient de pays où le climat est particulièrement hostile aux personnes LGBT, ce bouillonnement était mêlé à la sensation palpable, même pour moi, d'un soulagement tranquille. Un type qui venait d'Ukraine et qui ne parlait pas bien l'anglais me transmettait par ses yeux brillants je ne sais quelle sensation de bonheur grave, et en y réfléchissant je me doutais que jamais il ne s'était trouvé dans un espace aussi safe de sa vie; et cela devait durer une semaine.
Je n'eut pas à faire beaucoup d'effort pour me rapprocher de Linda et Pär avec qui j'eu d'emblée de très intéressantes conversations qui approfondissait les conférences. Linda était particulièrement proche de moi, elle aussi présidente de son association, SFQ, fédération nationale des étudiants LGBTQ suédois. Je réfléchissait déjà à cette époque à ma vocation de militante et au fait que d'être présidente d'une asso avait changé et surtout révélé beaucoup de choses en moi, des choses que je chérissais comme le fait d'avoir confiance en moi, d'être travailleuse, d'avoir des objectifs qui me dépassent et une vision qui les desserts.
Linda, elle était présidente de SFQ depuis 3 ans. Elle avait 32 ans et était payée à plein temps pour ce job. ... exactement ce que j'aurai voulu pour le MAG. Je ne suis pas une fervente du professionnalisme des assos. Mais je sais d'expérience que diriger le MAG me prenait un temps et une énergie considérable et a fini par me demander une disponibilité qui allait au final bien au delà des 35h par semaines. Et bien je pensais sincèrement que si j'avais fait le choix de bosser autant c'était avant tout parce que le salaire symbolique était très important, et que je n'avais vraiment besoin de salaire pécuniaire (merci papa) ; être présidente et bosser autant me faisait un tel bien! Néanmoins je voyais le boulot formidable qui était accompli par SFQ au travers du séminaire et je sais qu'une telle qualité se rapporte à une asso où certains membres s'y consacre à plein temps.
Tels sont les sujets que nous avions évoqué ensemble avec Linda, le soir sur la moquette des salles de conférences vides ou du balcon qui donnait sur le magnifique parlement hongrois illuminé. C'est en contemplant celui-ci que je décidais de visiter mes nouveaux amis à Stockholm pendant l'été à l'occasion de l'Europride quelques mois plus tard...
Linda et moi avons gardé le contact sur Facebook et cette semaine de l'Europride à Stockholm fut terrible. J'ai pu voir Linda et Monika, traîner avec elles plus que je ne l'aurais pensé. Je découvrais Stockholm et ses charmes, je visitais les bureaux de SFQ, je rencontrais d'autres membres de cette asso, notamment Camilla, désormais présidente de SFQ, et d'autres encore. Je poursuivais mes longues conversations avec Linda, tant et si bien que lorsqu'elle me serra contre elle pour me dire au revoir le dernier soir, je su ce qu'elle disait à voix haute: elle aussi allait me manquer.
C'est cet été là, en revenant, que l'idée de partir à Stockholm s'imposa.
Introduction
Dans environ 1 mois et demi je vais quitter Paris et aller m'installer à Stockholm, Suède. Pas si loin de la maison en réalité. Pas si loin de vous non plus. Mais je ne garderais pas un bout de moi à Paris. Je veux m'imerger complètement dans cette nouvelle culture et dans ma nouvelle vie là bas.
Voilà donc un blog pour vous donner de mes nouvelles, sur un plan personnel, sur le plan militant et sur le plan de ma réflexion politique toujours en germe.
" Swedish sins breaking borders"
Voilà donc un blog pour vous donner de mes nouvelles, sur un plan personnel, sur le plan militant et sur le plan de ma réflexion politique toujours en germe.
" Swedish sins breaking borders"
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