vendredi 13 mars 2009

2) Changer de point de vue : Qu'est-ce que Queer?

Introduction au mots Queer et Hétéronormativité

Une chose importante à savoir est que " QUEER " est un terme d'une nature très flexible, et que vous aurez autant de réponses différentes que de gens à qui vous demanderez de définir le terme. L'impossibilité à donner une explication fixe est la nature même du terme queer.

Mais pour donner une sorte de vue d'ensemble et d'introduction au terme, nous vous proposons ceci:

Queer renvoie à au moins 3 notions différentes et parallèles:

_ C'est une théorie académique (universitaire), étudiant les normes de la société, au lieu d'étudier les soi-disant déviants.

_ D'un point de vue militant, c'est une résistance aux catégories et identités figées.

_ ET, notez la contradiction, queer est, pour certains, une identité.

Brève Introduction Historique:

Queer est un mot qui a une histoire dans la langue anglaise. Initialement il voulait dire étrange, bizarre, etc et a été utilisé comme une insulte à travers les décennies. "Queer" a aussi été utilisé comme un synonyme de gay, parfois sans le signifiant de l'insulte, la plupart du temps avec, ce qu'on pourrait traduire par tapette, pédale, gouine et autre joyeusetés.

Le mot queer a été revendiqué au début des années 1990, quand Queer Nation commença à répandre des tracts dans New York, (The Queer Nation manifesto) encourageant tous les "queers" à se réapproprier le mot, reprendre le pouvoir sur leur vie, faire entendre leur voix, ne jamais accepter la discrimination, le mépris ou la victimisation. Ils visaient la société dans son ensemble, mais aussi le mouvement gay, avec ses termes limitant comme gay et lesbienne, sans aucune place pour les bis et les trans.

Parallèlement, en 1990, Judith Butler publie Trouble dans le Genre, le féminisme et la subversion de l'identité, ouvrage fondateur de la critique féministe et des théories queer. Cet ouvrage est disponible en français aux éditions La Découverte.

Depuis, queer a été introduit dans de nombreuses langues et est une discipline académique établie dans plusieurs pays.

Qu'est ce qui est différent avec une perspective queer?

Queer change le point de vue, de l'étude des "déviants" à l'étude de la "normalité", des normes en vigueur et pourquoi ces normes contrôlent notre vie. Pour donner un exemple, il n'est pas intéressant d'étudier les "homosexuels", ce qui est intéressant est d'étudier l'hétérosexualité
en tant que règle "naturelle" ou de droit divin. Faire de l'hétérosexualité et par dessus tout de l'hétéronomativité le problème auquel il faut s'atteler, voilà ce qui change avec la perspective queer.


Qu'est ce que ça change dans ta vie?

"We're here, we're queer, get used to it!"

"Nous sommes là, nous sommes queers, faites vous y!"


L'une des conséquence d'étudier de l'hétéronormativité au lieu des homosexuels "déviants" c'est que vous pouvez adopter des stratégies "in your face" (littéralement "dans ta gueule"), c'est à dire des méthodes politiques et postures individuelles (mais non moins politiques) qui choquent et qui montrent que vous n'en avez RIEN A FOUTRE de ce que les gens pensent. Ca veut dire que vous ne vous excusez pas de ne pas être hétérosexuel, et que vous n'essayez pas de vous ajuster ou de vous intégrer dans une perspective hétéronormative, même si on ne cesse de vous le demander. Queer signifie qu'il n'y a rien de déviant dans ce bas monde, ce sont les normes qui
produisent des catégories de personnes "déviantes", qui créent la déviance pas les gens qui désobéissent à ces structures inventées par on ne sait qui.


Faîtes du fait d'en avoir plus rien à foutre d'être trans, homo, bi, effeminé, masculine, moche, grosSE, bizarre, flippantE, impossible à genrer (ou a identifier comme homme ou femme) le premier objectif de votre vie!

Car votre survie, votre bonheur et la révolution en dépendent!

Voilà ce que le queer apporte concrètement à nos vies, une nouvelle force, un bouclier politique pour être nous mêmes, aussi bizarres et hors-normes que nous pouvons l'être et d'en avoir rien
à foutre de ce que les autres pensent.

Essayez, vous verrez. Essayez au moins d'avoir l'air d'en avoir rien à foutre pour commencer. Et ça finira par venir, vous n'en aurez plus rien à foutre pour de vrai. Et vous serez libres. Et vous pourrez donner la force et l'inspiration à d'autres de faire pareil. Et vous pourrez vous battre pour changer ce monde patriarcal, hétéronormatif et coercitif qui vous blesse chaque jour un peu plus et nie votre existence.

jeudi 12 mars 2009

1) Identifier l'ennemi : qu'est ce que l'hétéronormativité?

Qu'est-ce que l' Hétéronormativité?

Un nouvelle théorie? un mot barbare de plus à apprendre? C'est fou ce qu'il faut être intelligent et cultivé pour faire la révolution vous me direz.

L'hétéro-normativité a un nom compliqué parce qu'elle structure la société depuis toujours, et qu'elle paraît donc tellement "naturelle" à tout le monde qu'il n'y avait pas besoin de mot pour la désigner. C'est la "nature", "l'ordre naturel des choses".


Que tu le veuilles ou non l'hétéronormativité fait partie de ta vie sans que tu en sois toujours conscient. Elle sculpte ton corps et tes désirs, elle te dicte tes choix et distille tes angoisses, elle te punit chaque jour de ne pas être "normal".

Penses-y!

_ D’abord tu n'es pas encore de ce monde qu'on veux savoir si tu es un garçon ou une fille.

_ Puis tu grandis en essayant d'être viril ou féminine, c'est ce que tout le monde attend de toi.

_ Enfin on veut décider de qui tu va tomber amoureux et quelle forme cet amour devra prendre!



ET SI TU NE SUIS PAS LES REGLES?

Etre lesbienne, gay, bi, trans dans un monde hétérosexiste, ça veut dire quoi?

_ Ta vie privée sera considérée comme « trop privée » pour être un sujet de conversation pendant que les hétéros pourront parler de leur week-end ou du nouveau job de leur femme/mari.

_ Tu risques de subir des discriminations homo-, bi- ou transphobe.

_ Ta vie ne sera pas représentée dans les médias, à la télé, ou dans les livres.

_ On te prendra parfois pour un malade.

_ Tu ne pourras pas te marier avec la personne que tu aimes.

_ Tu risques de subir menaces et violences.

Ca te rappelle quelque chose?

Ces exemples peuvent te sembler peu de choses isolés mais ils reflètent des structures discriminantes dont l’homophobie se nourrit.

Bon mais revenons au mot Hétéronormativité afin de s'apercevoir qu'il n'est pas si compliqué. Et si on le coupait en deux ça donnerait quoi?" hétéro" et "normativité". Tiens le premier on ne le connaît que trop. Mais c'est quoi la normativité?

Normativité:

Beaucoup de normes sont utiles en société: certaines disent que nous devons êtres polis les uns avec les autres, ou bien faire la queue pour attendre notre tour.
Mais d’autres normes nourrissent les inégalités et t‘empêchent d‘être toi-même, comme celles qui décrètent que tu ne dois tomber amoureux que du « sexe opposé » ou qu’il vaut mieux être chrétien que musulman.

Ces normes sont difficilement visibles. Mais si on apprend à les identifier, on peut aussi les changer!

Apprendre à reconnaître les normes, ce qui est vu comme " normal " ou " anormal " dans notre société, c’est une façon de créer une société plus égalitaire.



Et alors du coup c'est quoi l’hétéronormativité?

L’hétéronormativité suppose que:
  • tout le monde est hétérosexuel,
  • qu’il y a deux sexes « opposés »
  • qui s’attirent et se complètent,
  • et que l’hétérosexualité est la seule façon normale et désirable de vivre sa vie.
L’hétéronormativité suppose aussi:
  • qu’il n’y a que 2 genres, homme et femme,
  • que les hommes sont virils, que les femmes sont féminines.

Or cette idée se transforme en norme, c’est-à-dire une règle qui empêchent beaucoup d’entre nous (homos, bi, trans, hétéros) d’être eux-mêmes.

Certains d’entre nous ne veulent pas suivre ces règles inutiles, d’autres ne le peuvent tout simplement pas.

Quelque soit ton cas, tu es, à mes yeux, révolutionnaire. L'hétéronorme est ton ennemi. Maintenant que tu connais son nom, tu vas l'abattre et tu vas changer le monde.

jeudi 26 février 2009

Solidarité avec les pays de la Mer Baltique

Les plus proches voisins des Suédois sont d'abord les pays Nordiques (Norvège, Iles Féroé, Islande, Danemark, Finlande et parfois le Groenland), ensuite les pays de la Mer Baltique (Estonie, Lettonie, Lituanie et Pologne). La situation des personnes homos, bis et trans dans les pays de la région Baltique est extrêmement difficile. L'environnement social ainsi que le gouvernement y sont très hostiles à tout comportement en dehors de la norme hétérosexuelle et procréatrice.

C'est avec l'objectif de lutter contre cette situation qu'a été créé le Réseau Pol-Balt. Le Réseau Pol-Balt est un réseau militant suédois créé afin de coordonner les efforts des militants LGBTQ suédois désireux de mener des actions de solidarité vers les pays Baltes et la Pologne.
Cela implique: une mailing-liste, la participation à des degrés variés aux marches des fiertés (gay prides) dans ces pays, s'informer les uns les autres et coordonner des évènements sur les thématiques LGBTQ dans ces pays, construire des projets LGBTQ dans ces pays ou vers ces pays.
Le coordinateur de ce réseau est l'organisation RFSL (Association nationale suédoise pour les droits des personnes homosexuelles, bisexuelles et transgenres), en particulier son comité international. Le rôle de l'organisation coordinatrice est d'organiser les réunions du Réseau (dans ses locaux d'ailleurs) et si possible de porter les projets du Réseau, étant donné que celui-ci n'a ni ressource ni statut officiel propre.

La mailing liste du Réseau Pol-Balt est en suédois et il est pertinent de s'attarder sur ce fait. La question de la langue détermine le sens des relations de travail du réseau. En effet ici c'est clairement des militants suédois travaillant et coordonnant leurs efforts pour aider les organisations et militants baltes et polonais, et donc plus largement la population LGBT de cette région. Cette relation est très différente par exemple de l'organisation ANSO dont je vous ai parlé précédemment (Association des organisations nordiques LGBTQ étudiantes, nordique ici incluant les pays nordique mais également la Pologne et les pays Baltes). ANSO est une organisation transnationale basée sur la coopération entre les pays nordiques et baltes dans les deux sens et la présidente d'ANSO, Monika est d'ailleurs polonaise.

Cependant le fait que le Réseau Pol-Balt fonctionne dans ce sens n'est pas forcément une mauvaise chose (c'est juste différent!). En effet le Réseau peut faire beaucoup pour la situation des personnes LGBTQ en région baltique en travaillant à une échelle suédoise. Par exemple il peut organiser des manifestations de protestation devant les ambassades de ces pays en Suède et influencer les politiciens suédois, en particulier ceux qui ceux qui sont susceptibles d'être impliqués dans les affaires étrangères suédoises et qui font des visites officielles ou des réunions internationales dans les pays de cette région. Nous savons de façon certaine que lorsqu'il y a une ou des personnes venant de Suède dans une manifestation pour les droits des personnes LGBT dans ces pays, cela ajoute de la valeur à la manifestation. Cela peut améliorer la sécurité des manifestants également, en particulier si les suédois présents sont des officiels ou des hétéros (les deux c'est encore mieux). Ce raisonnement peut paraître très paternaliste mais il ne s'agit que d'observer les faits, reconnaître cette réalité permet d'agir avec les stratégies les plus efficaces, même s'il est triste que les gens (c'est des militants anti-gays que je vous parle là) réagissent comme cela. Mais la vérité c'est que les cathos et les fachos hésitent parfois à jeter des pierres sur les officiels suédois lors de ces manifs, notamment parce que ça pourrait faire du mal aux relations entre leur pays et la Suède, qui peut être très importante pour le pays en question, d'un point de vue financier, économique, culturel ou politique.

Cependant soit dit en passant qu'il est également crucial qu'il n'y ai pas que des suédois ou autres étrangers dans ces manifestations. Cela confirmerait l'idée communément admise dans beaucoup de sociétés très hostile aux personnes LGBT que l'homosexualité n'existe pas vraiment dans leur pays, qu'elle est une perversion amenée par les étrangers, ce qui est une façon au mieux de se débarasser du problème et de continuer à l'invisibiliser, au pire de développer des arguments xénophobes et fascistes. La philisophie du Réseau est donc de réellement laisser les groupes LGBT baltes créer leurs évènements de visibilité et cela doit être clair que quelque soit l'aide qu'ils peuvent obtenir des suédois (organisationnelle, logistique, financière ou simplement envoyer des militants grossir les rangs), ils en sont la source.

_ Les perspectives du Réseau Pol-Balt:

Il est bon de souligner qu'il ne s'est pas passé grand chose sur la liste l'an dernier. Cependant la nouvelle responsable du comité international de RFSL semble déterminée à remotiver la participation de RFSL dans le réseau, et donc à remotiver le réseau en lui-même. Il s'agit également pour le comité international de RFSL de se reconcentrer sur la région baltique et l'Europe de l'Est en général.

En outre un débat agite le Réseau ces derniers mois sur la possibilité d'élargir le réseau. Il semble que 3 directions peuvent être tracées pour l'avenir du Réseau sur ce point.
1) Le Réseau peut rester ce qu'il est en termes de pays inclus tout se réunissant plus souvent et en se concentrant sur les pays qu'il inclus déjà (Pologne, Estonie, Lettonie, Lithuanie).
2) Le Réseau pourrait également commencer à travailler avec d'autres pays comme la Biélorussie (la dernière dictature d'Europe, pays souvent inclus dans les projets baltiques des ONG même si elle n'est pas au bord de la mer Baltique) et la ville de St Pétersbourg en Russie (qui n'est pas à proprement parler un pays mais qui est bien sur la mer baltique) et voir comment ça se passe.
3) Enfin le réseau pourrait tout à fait décider d'inclure ces deux nouveaux venus à part entière et leurs organisations.

_ Baltic Pride:

Du 15 au 17 mai 2009 se tiendra la Baltic Pride à Riga, en Lettonie. A partir de cette année les organisations LGBT des 3 pays baltes (Estonie, Lithuanie, Lettonie) ont décidé d'organiser une Pride conjointe qui se tiendra chaque année dans l'un des 3 pays. Cette année c'est donc Riga. Plus d'infos (en anglais) ici.

J'y serais. Si vous en avez marre de vous trémousser à Paris sur du David Guetta, que vous ne voyez plus ce que tout ça peut bien avoir de politique et revendicatif, je vous conseille fortement de venir soutenir une marche des fiertés dans un pays de l'Europe de l'Est où la situation est absolument déplorable et une nouvelle vague néo-fascisme ne vient pas arranger les choses. Je vous donnerai le calendrier des gay prides de Pologne, Moldavie et autres charmants pays très bientôt. Si la solidarité LGBTQ internationale vous importe je vous recommande cette expérience au moins une fois dans votre vie de militant(e).

lundi 23 février 2009

Queer Politburo

Rien ne devrait sembler plus bizzare aux queer frenchies qui passent leurs soirées sur des trottoirs parisiens, vivent dans des squats et se font jeter des assos LGBT que ce qui se passe ici à Stockholm.

Je suis une militante queer. Pour moi être militante a longtemps signifié courir partout le Blackberry vissé à l'oreille, serrer des centaines de mains, tenir des stands pendant des heures suant dans mon T-shirt rouge et me retrouver devant des dizaines d'yeux qui voyait une personne queer pour la première fois de leur vie.
Ici c'est mon JOB! Avec tout le package. Le matin je me lève dans ma banlieue blanche et forestière, je chausse mes rangos, lisse ma crète, boutonne ma chemise à carreaux. Je glisse mon PC portable dans mon sac à dos ainsi qu'une pomme, mon agenda et une dosette de lub qui traine par là. Et hop c'est parti environ 1 heure de métro pour rejoindre mon bureau de ma banlieue lointaine. Temps mis à profit pour la lecture de The Ethical Slut. J'arrive au bureau, ici tout le monde est "comme moi". Ma boss a un piercing à la lèvre, la trésorière est butch. Pour régler les pieds de mon bureau il faut les visser, je vous passe les blagues parce que "visser" se dit "screw" en anglais, comme "baiser". Merci à Augustas, mon collègue et coloc pédé d'avoir baisé mon bureau (nan je ne fais toujours rien par moi même).

Je sors mon ordi et le pose au milieu de mon bureau. Je vais me faire un thé dans l'immense cuisine du bureau. Ici il y a deux toilettes dont les murs sont couverts de serviettes bleues. L'une d'elle est accrochée en dessous d'une étiquette "Alice". Je peux prendre une douche ici, et même faire ma lessive pendant que je bosse(très très pratique). Sur le mur derrière le bureau de ma boss il y a l'affiche de la dernière Existrans et une photo de moi à cette manif. Au dessus du bureau de Monika, il y a écrit Male Female Fuck You! Le vendredi soir avant de sortir on boit de la vodka comfortablement installés dans les sofas de la grande salle de conférence. Je me suis souvent demandé ce que c'était "d'aller au bureau". Je n'avais pas idée que cela pouvais être aussi safe.

Mais je vous vois venir. Tout ce comfort, ce pays si tolérant, tout cet argent... Est-ce nécessaire? est-ce que cela ne nous ramollis pas? ne nous coupe pas de la réalité?
SFQ l'asso dans laquelle je bosse est une association nationale d'étudiants LGBTQ. Vous remarquerez que c'est le Q qui apparait dans le sigle. SFQ est une association Queer et féministe et ne perd jamais ses objectifs de vue.
Un pays tolérant c'est quoi en fait? Environ une fois par mois des gens non identifiés déposent des merdes de chien et les étale sur les fenêtres du bureau. C'est juste un bureau, il n'y a pas de rainbow flag à l'extérieur du bâtiment, c'est juste un bureau. Mais des gens mal intentionnés savent ce qui se passe ici. Lorsque je suis passée cet été à Stockholm, le jour de l'Europride, après la marche on était touTEs crevés et on s'est posé dans la salle de conférence du bureau pour se détendre. Deux hommes sont venus nous traiter de sales gouines en suédois par la fenêtre. Le jour même de la Pride! Ce matin ma boss a reçu un texto homophobe et menaçant d'un numéro non identifiable sur son portable professionnel. Il s'en passe d'autres dont je ne suis pas au courant.

Et ça nous mets en colère. A certains ça leur fait peur et la sécurité au bureau est constamment renforcée. Parce qu'il y a eu des vols aussi. Mais on ne sait pas si ces vols ont un rapport avec l'objectif de l'asso. Aucun moyen de le savoir.

Tout n'est pas tout rose en Suède et même dans un pays comme celui ci qui vient d'inscrire la transphobie dans sa législation anti discrimination, et qui va sans doute passer le mariage gay en juin (alors que c'est la droite qui gouverne en ce moment), il y a encore de quoi se battre et de quoi avoir peur.

Et ça me rassure.

lundi 26 janvier 2009

Communauté de Volontaires

De ma bonne vieille éducation aristocratique j'ai retenu ceci: il faut connaître les bonnes personnes pour arriver à ses fins. De ma position de minorité j'ai intégré ceci: l'union communautaire fait la force. En outre, je suis, sans arrière-pensées, quelqu'un de très sociable, surtout depuis que je rencontre enfin sur mon chemin des personnes qui ne me jugent pas et qui me prennent comme je suis.

Tout ça pour dire qu'en devenant gouine je suis entrée dans une communauté. Et bien c'est pareil en devenant volontaire européen.

Première étape: le séminaire de préparation au départ. C'est la première fois que le SVE devient une expérience collective dans mon esprit. Pour l'instant il n'y avait que moi, mon projet, mon envie de partir, mes amiEs suédoisES, c'était mon histoire. D'ailleurs j'étais bien la seule à avoir ce type de projet dans mon entourage (bon maintenant ils sont bien au courant).

Chaque année il y a 500 jeunes françaisES qui partent en Service Volontaire Européen! Je suis dans ces 500. A Grenoble, pour le séminaire de préparation au départ organisé par Calliope, nous étions 18. TouTEs avec un parcours et des personnalités différentes. TouTEs françaisES mais touTEs partant dans des pays très différents pour des projets très variés. Et quelque chose s'est passé. Une dynamique de groupe s'est créée. En 4 jours (c'est le séminaire le plus court auquel j'ai jamais participé), nous avons lié connaissance et nous sommes devenus un groupe à part entière. Et nous sommes devenus des volontaires européens touTEs ensembles, au même moment, en liant connaissance. Ca c'est de l'expérience collective!
Je me sens très à l'aise dans cette communauté de volontaire, je suis fière d'en faire partie.

Pour faire partie de cette communauté, que vous soyez volontaire, ancien volontaire ou intéresséE par le SVE :

_ SVE Connexion, réseau pour les françaisES.
_ également un groupe mondial de volontaires sur Facebook
_ des réseaux inter-régionaux d'anciens volontaires en France, dont un pour l'Ile de France.

à vos réseaux!

samedi 10 janvier 2009

J'ai déjà le mal du pays

Quand on y pense c'est une chose bien curieuse de quitter son pays pour aller vivre ailleurs. Bien différente du fait de voyager. Il y a bien longtemps cependant que je sais que ça va arriver. Quand j'étais ado j'ai failli aller étudier en Suisse. A l'époque où j'étudiais pour préparer le concours de Sciences Po et que je commençais, vu mes chances d'y rentrer selon mes professeurs, à m'imaginer en science-piste, je me demandais déjà où j'irais passer ma 3ème année. New York? Londres? Pékin? Alors que je ne faisais rien de ma vie à part bosser à Quick histoire de payer mon loyer et les substances chimiques qui maintenaient ma femme de l'époque en vie, j'ai failli partir étudier à San Francisco aussi. Tout ça pour en venir au fait que je me suis déjà maintes fois imaginé la chose, et je croyais que je m'étais faite à l'idée, que je me faisais une idée de ce que c'était. Je regardais en avant. Je ne pensais pas que je regarderais en arrière à un moment donné.

Et voilà dude, that's it! Je m'en vais, je prépare mon départ. Et je ne regarde pas encore en arrière, je regarde le présent. Je ne vous le cache pas l'attente fut pénible. Du 1er novembre au 16 décembre, (le jour de ma fête d'ailleurs!), j'ai attendu croisant les doigts pour un YES! Le plus dur c'était de commencer à dire au revoir à toutes ces multiples choses qui font ma vie aujourd'hui. Le plus dur aurait été d'avoir un NON alors que je disais déjà au revoir.

Dire au revoir. Voilà qui est une expérience incroyablement agréable ces jours ci. Quelle ironie du sort que je parte maintenant, alors que tout dans ma vie ici me fait l'adorer passionnément. J'aime ma vie en France.

J'aime mes amiEs, j'aime mon père, j'aime mes colocataires, j'aime le fromage et les butchs qui m'embrasse après une tartine de camembert et une lampée de bière. J'aime fumer des roulées assise sur les trottoirs de Paris. J'aime fumer. J'aime manger du foie gras dans un appart de 100 m2 dans le 16ème tout en ayant pas un sou sur mon compte en banque. J'aime mes amants qui me prennent comme je suis. J'aime mes amiEs si uniques. J'aime tous ces gens aimants qui m'entourent. J'aime regarder le Sacré-coeur d'une fenêtre écoutantdistraitement ceux-ci débattant pour savoir si 2009 sera l'année de la teuf ou de la meuf? J'aime fist-fucker une dinde pour la farcir pendant qu'une trannybutch lui tient les pattes écartée. J'aime voyager dans les catacombes dont les alcôves sont propices aux grandes déclarations. J'aime le français, comment il sonne quand je dis je t'aime. Sûrement pour cette raison je recommence à le dire 3 à 7 fois par semaine.

Je me retrouve, moi l'activiste queer qui crie dans la rue avec rage que "son identité n'est pas nationale", à faire, en ce moment, des choses terriblement françaises avec une pointe, un avant gout de nostalgie. Comme manger du fromage, je veux dire toute sortes de fromages, me balader dans Paris et faire des piques niques urbains (pain+fromage+chocolat) devant les monuments que les touristes prennent d'assault. Le foie gras, les frites de Fatima, les croissants à Montpellier. Les huitres en Bretagne, les langoustines. Tout ce qui sonne français sur mon palais y passe avec une saveur en plus, indescriptible d'émotion.

Je suis aussi particulièrement "esprit de famille" en ce moment. Famille choisie à l'honneur bien sûr, avec des fêtes particulièrement inoubliables. Très traditionnelles en un sens (dinde et patates douces à Noël, soirée calme et un peu loose pour le nouvel an) et en même temps terriblement queer (pas de détails mais je mentionnerai bien une sex party dans un sauna avec une célèbre écrivaine américaine et une actrice porno déguisée en sapin de Noël dans le lot).
Mais même ma famille biologique y passe. Bon, pas tout le monde, ok. Surtout avec mon père avec qui je passe pas mal de temps en ce moment. Et c'est extrêmement agréable de me retrouver avec lui. Je l'aime tant. Oui je n'habite plus chez mon père depuis 2 ans maintenant (arf seulement deux ans???) mais ne plus le voir du tout, ça va être quelque chose!

Se préparer à partir c'est quelque chose! Je regarde le présent. Tout ce qui va continuer sans moi. Tout ce qui s'arrête avec moi. Pas grand chose en fait et ça me rassure.

Je crois que ce processus ne va pas s'arrêter. Je crois qu'une fois en Suède je vais commencer à regarder en arrière, me pencher sur cette année qui a changé tant de choses. Sur tout ce qui fait que maintenant je suis à Stockholm. Et ça me fera un bien fou, de regarder en arrière, de loin j'aurais plus de recul, plus d'espace pour penser. Voilà exactement ce que les voyages font, ils élargissent notre espace à penser. Le fait de partir un an ne fait qu'augmenter cet effet. Ce qui faisait dire à Descartes "Les voyages forment la jeunesse". Je pars pour élargir ma pensée, ma vie, mon influence sur ce monde qui doit changer encore, avec moi comme acteur du processus. Et un en sens je pars parce que je veux que tout ce que j'aime dans ma vie d'aujourd'hui soit toujours aussi précieux à mon coeur qu'il l'est à ce jour alors que je lui dis au revoir.

I would like to hug Paris if I could!

jeudi 8 janvier 2009

ProjectS

Ci-dessous le projet déposé auprès de l'Agence National du programme Jeunesse en Action suédoise le 1er novembre 2008 et approuvé 6 semaines plus tard, péniblement traduit en français par moi-même.

Titre du Projet: Elargissement de compétences - l'activisme LGBTQ suédois rencontre des expériences européennes.

Service Volontaire Européen de groupe: 2 volontaires.

1. Elargissement de compétences

Ce projet est le point de contact de très intéressantes compétences, sur un plan personnel, organisationnel et de savoir.
SFQ est une association unique, et à ce jour nous ne connaissons aucune autre association en Suède ou ailleurs qui s'adresse aux mêmes sujets avec les mêmes méthodes. SFQ travaille politiquement et stratégiquement dans le but de changer l'Education Supérieure, d'alerter sur les problèmes que posent une société et une académie hétéronormative; comment cela influence les étudiants, la recherche, autant que cela compromets la qualité de l'enseignement dispensé.

Le/a volontaire françaisE possède des compétences uniques pour avoir été présidente d'une association étudiante et jeunesse LGBT parisienne. Lorsqu'elle/il était à la tête de cette organisation, elle/il s'est assuré d'inclure les problématiques trans dans l'agenda et s'est également arrangéE pour atteindre le ministère de l'Enseignement supérieur en vue d'une campagne auprès des étudiants français.

Le volontaire lithuanien est impliqué à l'IGLYO (International Gay Lesbian Bisexual Trans Queer Youth&Student Organisation), travaillant au plaidoyer LGBTQ sur un plan européen et international, avec des compétences particulières dans l'organisation et la stratégie. Il a également l'expérience d'un environnement très hostile aux personnes LGBTQ et de comment mener des projets militants dans ces circonstances.

La combinaison de ces compétences peut résulter en de très intéressantes nouvelles compétences et progressions de chaque côté; nous pouvons tirer les uns des autres du savoir-faire et différents angles d'attaque sur comment travailler stratégiquement à l'échelle locale, nationale et internationale.

2. Créer une solidarité internationale LGBTQ

Le projet combine des expériences de 3 pays très différents dans lesquels la situation pour les personnes LGBTQ et les approches du travail militant LGBTQ varient énormément. La Lithuanie est connue pour être l'un des environnements les plus hostiles de l'Union Européenne en ce qui concerne les problématiques LGBTQ, où le fait de ne pas être hétérosexuel est toujours perçu comme déviant et contre les règles par la plus grande partie de la société. Les droits de l'homme et les directives de l'Union Européenne sont souvent ignorés ou négligés par les membres du gouvernement en ce qui concerne l'orientation sexuelle tout comme l'identité ou l'expression de genre. Alors que la Suède est considérée comme l'un des pays les plus progressiste avec une union civile pour les couples de même sexe et la première législation sur les thérapies de réassignement de sexe en 1972, il reste beaucoup à faire pour assurer l'égalité des chances pour tous. Les discriminations y sont toujours d'actualité, ainsi que les crimes de haine.

La situation est très différente également en ce qui concerne les systèmes d'éducation supérieure et la place des problématiques LGBTQ à l'intérieur de ceux ci. Pourtant nous croyons que ce projet aidera à voir l'activisme LGBTQ à partir de différents angles, que cela enrichira la perception de cet activisme et servira d'échanges de bonnes pratiques et d'outil de construction (pour d'autres projets).

La participation active des volontaires dans les activités quotidiennes de SFQ permettra de montrer à quel point être LGBTQ est différent selon les régions d'Europe. Cela encouragera le démarrage de nouveaux projets internationaux et la recherche de moyen pour briser les frontières à travers une bonne coopération internationale. Il est également prévu d'impliquer des étudiants étrangers dans les activités, ce qui contribuera à la diversité des expériences et des approches nationales.

De plus les deux volontaires se sont tous deux grandement engagés dans le militantisme international et ont la volonté de continuer ce travail pendant leur volontariat. Cela permettra à SFQ de participer à plus de collaborations internationales et d'impliquer activement plus de jeunes, de façon à créer une prise de conscience à l'intérieur des communautés.

Le/la volontaire françaisE s'est récemment misE au militantisme international et y a introduit l'organisation parisienne, tout comme elle/il a s'est intéresséE à ce qui ce passe au niveau européen, notamment dans des associations comme ANSO et l'IGLYO. Il/elle a en outre des compétences spéciales sur les problématiques trans, sur lesquels l'accent doit être mis, étant donné que beaucoup manquent d'information sur le sujet, au niveau national, et particulièrement sur la situation pour les personnes trans dans d'autres pays.

Le volontaire lithuanien a plusieurs années d'expérience internationale, et comme cela fut mentionné plus haut, est impliqué à l'IGLYO. Il a participé à plusieurs séminaires jeunesse et événements nordiques et baltiques et les deux volontaires s'intéressent particulièrement à la solidarité transnationale, en particulier dans le militantisme LGBTQ.

SFQ espère mettre en contact les deux volontaires avec la volontaire norvégienne, tout comme les deux projets, puisqu'ils touchent tous deux l'activisme nordique et baltique, et peuvent ainsi bénéficier les uns des autres. SFQ aimerait également mettre en relation les volontaires avec les branches locales de SFQ, proposer la discussion à ce niveau également. SFQ et les deux volontaires partage l'avis qu'il est bénéfique pour les volontaires et les militants locaux de faire se rencontrer et échanger des expériences. Enfin, l'objectif de SFQ est d'approfondir au niveau local l'appréhension des condition des personnes LGBTQ sur le plan international.

3. Développement personnel des volontaires


Une part importante du projet est dessinée pour être bénéfique pour les volontaires, qui gagneront beaucoup de savoir-faire dans le domaine organisationnel, et un espace pour se développer en tant que militants jeunesse ainsi qu'à un niveau plus personnel. Lesvolontaires seront encouragés à initier de nouveaux projets en rapport avec leur expérience, savoirs et centres d'intérêts. SFQ a eu des projets réussis lors de l'année qui vient de s'écouler lors desquels les volontaires ont contribué grandement au travail de SFQ et nous avons pu observer un large développement personnel. Nous avons également vu les volontaires proposer des idées, les mener à bien et comment leur estime d'eux mêmes augmente dans ce processus. Nous désirons que les volontaires trouve des défis personnels et les soutenir dans leur apprentissage, qu'ils élargissent leurs domaines d'intérêt et d'expertise. Nous pensons que prendre part au travail quotidien de SFQ sera bénéfique en soi étant donné que cela consiste en une variété d'activités et que les volontaires sont encouragés à participer à toutes ces activités. Cela consiste à assister aux conférences de SFQ partout en Suède sur les thèmes LGBTQ et l'hétéronormativité dans l'enseignement supérieur, participer à des manifestations, visiter les conférences, congrès d'associations partenaires, assister à une réunion avec des partenaires (cela peut être SFS, the Ombudsmen, RFSL Ungdom ou ANSO), réunions du personnel, visites aux branches locales de SFQ, aider aux arrangements du Pride Festival pour SFQ (séminaires, parade, tente d'exposition dans Pride Park).

La/ le volontaire françaisE aimerait utiliser différentes méthodes militantes, notamment les arts et le multimédia, et travailler sur les problématiques trans à SFQ et dans ses branches locales. IL/elle a aussi proposé d'organiser la première marche trans (Existrans) suédoise en 2009. Il/Elle a également exprimé l'espoir de trouver un espace safe à SFQ étant donné que ni la société ni toutes les organisations "LGBTQ" travaillent avec ou prennent bien en main les problématiques trans.

Le volontaire lithuanien a quant à lui exprimé le désir d'en apprendre plus sur les problématiques trans et le genre, tout comme apprendre à connaître l'activisme local et comment cela peut servir d'inspiration pour d'autres réalités; ainsi qu'une meilleure connaissance de comment le militantisme LGBTQ se combine avec l'éducation et un environnement étudiant. Il voudrait également intensifier la coopération entre la Scandinavie et les pays baltes.


4. Développement d'activités pour les étudiants LGBTQ étrangers.

Lorsqu'a été discuté avec les volontaires ce qui pourrait les intéresser comme contribution pendant la durée du projet, le sujet des étudiants étrangers en Suède fut évoqué. SFQ n'a aujourd'hui aucune activité ou matériaux ciblant les étudiants internationaux en Suède et les deux volontaires ont exprimé le désir de contribuer à ce travail. Les volontaires, en adéquation avec leur capacités et avec le soutien du personnel de SFQ, construiront les structures qui créeront un espace safe où les étudiants LGBTQ étrangers pourront se rencontrer, certains venant de parties du monde où l'homosexualité est encore criminalisée. L'expérience des volontaires qui viennent de différentes régions d'Europe sera précieuse pour une telle tâche. Cela peut induire l'organisation de séminaires, de groupes de discussion, de groupes d'études, de débats sur la législation de différentes parties du monde, de partage d'expérience sur le travail de plaidoyer et de lobbying.

Cela permettra non seulement aux étudiants étrangers de se sentir mieux dans un environnement nouveau, de construire des réseaux et de développer des amitiés, mais également de leur donner le pouvoir de participer plus activement dans la vie quotidienne, utiliser de nouvelles possibilités et enrichir les communautés locales. Il est prévu de combiner les activités pour les étudiants étrangers LGBTQ avec des activités déjà existantes ou récemment développées à l'intérieur des branches locales de SFQ partout en Suède. Comme les deux volontaires ont une expérience passée dans l'organisation de différents évènements informels ou plus formels dans leur pays d'origine et internationalement et sont intéressés pour continuer ce travail, opérant un changement positif et développant plus en profondeur leur propres capacités, cela pourrait être une expérience très utile et importante pour les volontaires, SFQ et leur groupe cible.

5. Sensibiliser

Pour l'année 2009, SFQ se concentrera sur les campagnes de sensibilisation, un travail qui vise plusieurs niveaux de la société, local, régional et national. Il s'agira de mettre l'accent sur la visibilité des étudiants LGBTQ, sur les problématiques trans dans l'enseignement supérieur et sur la qualité dans l'enseignement supérieur. Les volontaires ont différents talents pour contribuer à cette tâche, avec de l'expérience sur les sujets trans, sur les campagnes nationales, sur le travail de plaidoyer local et sur l'interaction avec les populations ciblées. Il est prévu d'utiliser des outils variés pour atteindre les jeunes à travers différentes méthodes d'éducation informelle, d'apprentissage expérimental et de campagne sociale. Une idée exprimée par les volontaires est d'utiliser des outils multimédia et d'encourager les membres à partager leurs expériences, avec par exemple un concours concernant les limitations des normes du genre dans la vie des membres. Comme cette campagne vise à donner aux jeunes du pouvoir, à alerter les consciences sur les sujets en rapport avec les personnes LGBTQ et l'enseignement supérieur et à engager un changement social, les connaissances et les expériences des volontaires représenteront un grand apport qui permettra à cette campagne d'être un vrai succès.

Un des espaces utilisé pour faire campagne sont les évènements de fiertés locaux et nationaux (gay prides). Les volontaires pourraient assister et aider à organiser différentes activités éducatives et informatives lors de ces évènements qui sont dans beaucoup de cas de très importantes et puissantes sources d'informations sur et pour les communautés LGBTQ. Ces activités pourraient être incluses dans la Stockholm Pride, l'IDAHo (International Day Against Homophobia), le TDoR (Transgender Day of Remembrance) ainsi que dans d'autres évènements tels que le Bok-och Biblioteksmässan ou le Politikerveckan i Almedalen.

6. Collecte des meilleures pratiques

Les volontaires ont exprimé un intérêt dans la collecte et le partage des bonnes pratiques et exemples de stratégies pour l'activisme local et le travail de plaidoyer, ainsi que pour les séminaires et formations. SFQ pense qu'un tel travail serait très enrichissant pour les volontaires et l'association, et qu'il pourrait être mené aussi bien indépendamment qu'en collaboration avec l'association. Cela peut être réalisé dans des contextes variés, amenant des expériences passées de France et de Lituanie, mais aussi avec des apports d'autres partenaires internationaux ou de découvertes dans les branches locales pendant la durée du projet. Cela servirait de guide pour les militants et faciliterait l'activisme local ainsi que la coopération entre des associations différentes. Les profils différents des volontaires ajoutent à la largeur du guide, puisque leur expérience incluent problématiques trans/ activisme urbain/ diriger une association jeunesse d'un côté, et expertise internationale/ activisme en environnement hostile/ expérience d'organisation à un niveau national de l'autre.

Cela combinerait des outils d'éducation informelle, de plaidoyer et lobbying, soutenant des actions pour la diversité et contre l'hétéronormativité et la discrimination. Le guide se penchera sur comment combiner différentes approches et méthodes dans différents contextes, comment les adapter aux réalités locales les plus variées afin d'obtenir les meilleurs résultats. Les volontaires apprendront également tout en partageant leurs connaissances entre eux et avec d'autres impliqués. Le processus et le résultat de cette collecte de bonnes pratiques militantes sera de grande valeur pour les volontaires, SFQ et les autres parties impliquées tout en servant d'outil de diffusion puissant.

La collecte de meilleures pratiques pourrait inclure des résultats de recherche sur les conditions des personnes LGBTQ ou sur l'hétéronormativité, , des stratégies sur comment travailler avec les problématiques trans ( avec différentes formes selon le groupe ciblé , les organisations LGBTQ ou les autres), et rendre visible des sources qui pourraient être utiles aux militants LGBTQ, SFQ, ou des organisations partenaires.