vendredi 10 juillet 2009

Ouverture

Coup de gueule contre l'Agence Nationale Française

J'ai déposé, le premier juin dernier, une demande de subvention pour un projet d'échange de jeunes auprès de l'INJEP, Institut National de la Jeunesse et de l'Education Populaire.
L'INJEP est l'agence nationale du programme Jeunesse en action en France.
Il s'agit d'un projet européen, basé sur un partenariat entre Etudions Gayment, association d'étudiants LGBTQ de Nanterre et SFQ, fédération suédoise des étudiants LGBTQ. Le projet est très clairement militant, très clairement queer et il s'intitule "Hétéronormativité et prévention - Agir localement".

Sans surprise, toutes les agences nationales font de même, le délégué régional Ile de France du programme Jeunesse en Action me demande des "compléments d'information" par rapport au projet.

Première question: "nous nous inquiétons de l'ouverture de votre projet".

Ouverture? Quel curieuse inquiétude! C'est la société qui doit être ouverte, pas nous!

Curieusement ça me rappelle ce que mon père dit toujours à propos de mon engagement militant: "Tu devrais t'ouvrir à d'autres sujets". Il est très inquiet à l'idée que je "m'enferme dans le militantisme homo".

Ca n'en a peut-être pas l'air à première vue, mais ces inquiétudes reflètent une hétéronormativité et une homophobie indéniable. A mon père, je demande si, honnêtement, il me dirait la même chose si je travaillais dans une association pour les droits des personnes handicapées. Mon père n'est pas de mauvaise foi, il me répond honnêtement que non. Cette peur que je "m'enferme", c'est typiquement l'hypothèse d'un "communautarisme homo", cette idée que les personnes LGBTQ ne veulent que rester entre elles, former une communauté à part et se séparer de la société (comme si c'était vraiment possible!). Un fantasme homophobe de plus qui est très courant chez les intellos et politiciens qui n'ont "rien contre notre mode de vie" (pas comme ces crétins de religieux ou ces ignorants des campagnes hein) mais émettent des inquiétudes voire desaprouvent notre désir soi disant "sectaire" de vivre en sécurité et d'être nous-même. Et ceci n'arrive qu'une fois par semaine, ou une fois par an pour la plupart d'entre nous. Mais c'est toujours trop pour ceux qui nous gouvernent. Aucun d'entre eux ne se dit que peut-être le problème vient surtout de la société et de ses normes, pas de nous. Non! Non seulement on se fait tabasser et traiter de façon différente et inférieure tous les jours mais en plus il faut qu'on soit "ouvertEs"! Plus ouvertEs à leurs discriminations, plus ouvertEs à leur ignorance, plus ouvertEs à leurs insultes, plus ouvertEs à leurs coups. Quelle bonne idée.

Ce fantasme du "communautarisme sectaire des homos" est répandu partout dans le monde. Mais je trouve qu'il a une particularité française. La France est une "république une et indivisible". Cela ne veut pas dire que tous les politiciens ont peur du communautarisme, cela signifie que tous les politiciens sont totalement CONTRE les communautés. Contre l'idée même de communauté. En France, à force de vouloir à tout prix éviter le multiculturalisme à l'américaine, on a décidé de nier totalement l'existence des communautés qui forment notre société. On ne prononce même pas le mot, c'est tabou. Sauf pour dénoncer le communatarisme de l'une d'entre elle. Il y a même, je dirais, une totale confusion entre le mot communauté et le mot communautarisme. C'est blanc bonnet et bonnet blanc. Et ça n'est pas seulement un truc de politicien. C'est la culture politique française dominante dans son ensemble qui ferme les yeux par peur de faire comme les AméricainEs. Désespérant.


AgacéE par cette homophobie latente et très française dont fait preuve l'Agence nationale de mon pays (alors que l'Agence nationale suédoise n'aurait jamais demandé ce genre de compléments!), j'ai décidé d'écrire une réponse pédagogue mais ferme.

Que je vous offre le plaisir de lire ci dessous:




En ce qui concerne l’ouverture du sujet, nous aimerions souligner à quel point les questions de genre et d’orientation sexuelle sont transversales. Tout un chacun dans cette société, qu’il le choisisse ou pas, doit se définir une identité de genre et les normes qui accompagne les concepts d’homme et de femme, de masculin et de féminin, sont vecteurs d’oppression pour tous les jeunes, LGBTQ ou non. De plus, tout le monde a une orientation sexuelle, homo, bi ou hétérosexuelle. Les jeunes de tous contextes sont particulièrement en prise à ces questionnements à l’âge où il leur est demandé de devenir des hommes et des femmes, avec tout ce que cela implique en matière de comportements admis ou non, de ce que l’on doit taire, de ce qu’on attend d' eux/elles en matière d’expression, de sexualité, de choix de vie… et de l’inégalité qui s’installe. SFQ et EG sont deux associations féministes et qui s’engage tous les jours à lutter contre l’inégalité homme-femme et les normes du genre. Cette dimension sera présente dans toute la mise en pratique de nos activités. Nous pensons également que la lutte pour la reconnaissance des personnes qui ne se reconnaissent ni homme ni femme doit être visibilisée.

Voyez les différences culturelles, il a aussi fallut que j'explique à l'Agence nationale ce que signifie "queer". En Suède beaucoup de militants s'en sont chargé avant moi. En France nous sommes des pionnierEs!

jeudi 18 juin 2009

Les hétéro-privilèges

Je suis à l'aéroport de Berlin, super en retard, en train de rater mon avion, comme d'habitude. Aux contrôles de sécurité, un grand type essaye de me passer devant. Je lui lance un regard furibond et lui lance, en anglais, "Vous savez, moi aussi je suis presséE!".
Il prend un regard de chien battu et me répond en marmonnant. La seule chose que je comprends c'est "ma femme m'attend là bas", il me montre l'espace au delà de l'aire de contrôle.

"Ma femme m'attend".
Je lui répond, en posant lourdement mon bagage devant le sien sur le tapis roulant, "Vous savez quoi? Je n'ai pas de femme, mais ça ne change pas le fait que je suis devant vous", et je trace.

Etre mariéE et être hétérosexuelLE vous donne une position privilégiée dans cette société. En droit. Mais cela influe aussi sur la façon dont vous vous comportez. Ce type croit dur comme fer que parce qu'il a une femme, donc parce qu'il est hétérosexuel et marié, je vais le laisser passer devant moi, me sacrifiant, moi et mes impératifs, pour que la belle famille hétérosexuelle soit à nouveau réunie car c'est bien connu, privé de leur moitié masculine, les femmes ne peuvent rien.

Le pire, c'est que le type était surpris. Surpris que je lui annonce que je n'avait pas de femme. Car évidemment les femmes n'ont pas femmes, ça ébranle ses conceptions, le "bon sens" hétéronormé lui dicte qu'il n'y a que les hommes qui ont des femmes. Parce qu'il n'y a que les hétéroTEs qui ont le droit de se marier (dans la plupart des pays). Il était sans doute surpris aussi que son argument n'ai aucune valeur à mes yeux, que je ne le comprenne même pas.

Voilà comment l'hétéronorme affecte notre vie de tous les jours. C'est déjà pas assez chiant d'être en train de rater son avion. Non il faut aussi apparemment céder la priorité aux hétéroTEs. Vous pouvez donc d'hors et déjà prévoir d'arriver une ou deux heures plus tôt à l'aéroport que d'habitude.

Si vous doutez encore que les hétéroTEs sont privilégiés, rappelez vous la dernière fois que vous avez essayé de poser des vacances à votre boulot. Dans un pays où nous les pédales, gouines et trans n'avont ni le droit de nous marrier ni le droit de fonder des familles reconnues comme telles (je parle de la France là), vous serrez les dernierEs à pouvoir choisir vos dates de vacances. Pas parce que les gens qui ont des enfants passent avant. Parce que les hétéroTEs passent avant.

Cependant je me vois forcéE de nuancer mon discours maintenant que j'ai une perspective internationale. En Suède et en Norvège, l'adoption et le mariage sont autorisés pour les couples de même sexe.

J'ai une collègue et amie norvégienne et qui est mariée à sa compagne. Quand on vient d'un pays où le mariage entre partenaires de même sexe n'est pas autorisé, ça fait bizarre, je vous l'avoue. On le sait bien pourtant, que ça existe, que c'est possible, mais quand c'est votre réalité proche, ça choque au début. Et pourtant, l'hétéronorme est toujours là. Elle m'a raconté le nombre de fois où les gens ont pensé que, comme elles avaient le même nom de famille, elles étaient soeurs ou cousines.
"Est-ce que vous et votre soeur désirez une chambre avec douche et lits séparés?
_Non moi et MA FEMME nous désirons une chambre avec baignoire et lit double, merci."

Moralité, ça n'est parce que la loi dit que vous avez les mêmes droits que vous cesserez d'être considérés commes des anormaux.

jeudi 4 juin 2009

Baltic Pride

J'arrive à Riga, capitale de la Lettonie jeudi 14 mai en soirée. La fatigue est immense. Je me crash dans une auberge de jeunesse que je vous recommande chaudement, située dans la vieille
ville, vraiment pas chère et bien, Funny Franks Hostel.

C'est lorsque j'arrive je réalise la situation précaire de la marche.

Mercredi 13 mai, une majorité des membres du conseil municipal de Riga avait signé une lettre ouverte au directeur du conseil, lui demandant d'annuler l'autorisation de la Marche au motif que cet événement était indécent (!) et constituait une menace à la sécurité publique.

Les conseillers municipaux signataires de cette lettre ont indiqué que si le directeur du conseil n'avait pas annulé la décision d'autoriser la Baltic Pride d'ici jeudi 14 mai à 16 heures, ils chercheraient à en obtenir l'annulation par vote du conseil municipal. Et le jeudi 14 mai, le conseil municipal de Riga révoque donc l’autorisation de la Marche.

Je me réveille de mauvaise humeur vendredi 15 mai. Je marche dans le centre ville à la recherche d'un endroit où acheter une brosse à dent. Un nuage plane au dessus de moi. Sans raison précise, je flippe, je me rends compte à quel point je suis visible en tant que genderqueer, je marche les épaules courbées et la casquette enfoncée sur le crâne. Je réalise que quand les lois et les institutions sont officiellement contre nous, cela change complètement notre être au monde.

Je me demande ce qui va se passer si la marche est définitvement interdite. Marcherons nous quand même? à quel prix? Je n'ai aucune idée de ce que l'on peut faire dans ce genre de situation. Je n'ai jamais été à une manifestation illégale, encore moins dans un pays balte.

Les organisateurs (l’organisation lettonne Mozaika, la Ligue gay lituanienne et la Jeunesse gay estonienne) ont fait une requête en injonction auprès de la justice et se sont vu accorder une audience le 15 mai à 10 heures au tribunal municipal de Riga, qui a ensuite annulé la décision d'interdire la Marche.

Le vendredi 15 mai, à midi, je suis de retour à l'hôtel et je découvre sur mon ordinateur en direct la bonne nouvelle. Lorsque je refais une sortie dans les rues de la capitale pour trouver de quoi déjeuner, je marche déjà la tête plus haute, je me sens plus en sécurité.

Le centre ville de Riga est assez joli et comme tout y est moins cher qu'en Suède, je me fais plaisir. Il y a une soirée le vendredi soir pour la pride où je retrouve des amis militants de Hollande et de Belgique. Une Lettone à côté de moi me demande si je vais à la pride le lendemain. Je réponds que oui, je suis là pour ça. Je lui retourne la question. "Non, me dit-t-elle. L'an dernier, ils ont jetés des pierres sur les manifestants, je n'ai pas envie d'y aller."

Le lendemain, samedi 16, jour de la pride, je me réveille tôt pour assister au briefing de sécurité organisé par Mozaika. Impossible de trouver l'endroit, personne ne parle anglais, j'ai mal au pieds à force de tourner en rond alors je fini par m'offrir un énorme petit déjeuner pour me réconforter.

Puis c'est l'heure. Je me dirige vers le lieu dit. Je ne comprends pas bien où est le rassemblement au premier abord. Je passe près d'une petite foule de rassemblée autour d'un drapeau Letton. Je me dit qu'il faut vite que je trouve le lieu de la pride sinon je vais me retrouver embarquée dans la manifestation anti-pride.

Des barrières et un nombre incroyable de policiers gardent l'entrée d'un parc. Je m'y dirige. La plupart des personnes passant les barrières montrent aux policiers un pass avec le logo de la Baltic pride dessus. Evidemment je n'ai pas ce pass mais ils me laissent entrer dans le parc.

A l'intérieur les militants sont rassemblés, affairés à déplier banderoles et drapeaux arc en ciel. Au milieu du parc, une grande scène et des sièges. C'est l'occasion pour moi de saluer quelques camarades français que je n'ai pas vu depuis un moment, ils sont venus soutenir la pride et assister à une réunion du conseil d'administration de l'ILGA- Europe (Association internationale LGBTI).

Une militant de RFSL (lobby LGBT national suédois) me saute dessus, elle m'a enfin trouvée, comme j'ai tué mon téléphone suédois juste avant le départ, elle n'a pas pu me joindre et elle était morte d'inquiétude. Bon, un coin d'arc en ciel dans la main, je me positionne avec RFSL et bombe le torse pour rendre visible le logo de SFQ que j'ai collé au fer à repasser sur mon t shirt en début de semaine au bureau.



Tout d'un coup un grand bruit interromp les préparatifs à 13h tapantes. A travers les barrières du parc on voit la manifestion anti pride debuter. Ils marchent derrière un immense drapeau letton et tiennent de charmants panneaux " Homosexualité = péché" "Homosexualité= SIDA" et d'autres en letton impossible à traduire.

Sur environ 200 personnes, plus de la moitié des personnes présentes pour la pride étaient des non-baltes. D'où les "go back (rentrez chez vous)!" scandés par la manif anti pride. Un certain nombre d'entre nous se dirige vers les barrière pour voir de plus près les manifestants anti-pride. Des familles, des gens normaux, pas de skinheads. Au premier rang je remarque un grand type avec des dreadlocks blondes. Un jeune qui a l'air cool, à qui j'aurais parlé dans un bar ou dans la rue. Et là il me brandit sous le nez son panneau homophobe, comme quoi il faut se méfier quand même;

La marche peut commencer. Nous sortons du parc pour arriver dans la rue qui borde le parc. Elle est fermée par des barrières et des policiers. Des gens dans un restaurant nous regardent amusés. on avance à petits pas. Au moment de tourner dans la seconde rue deux personnes se détachent de la pride. Deux femmes habillées de robes noires et marchant pieds nus. L'une d'elle a une énorme croix chrétienne qui lui pend au coup, elle est livide et ressemble à un fantôme. Elle s'allonge à même le sol pendant que l'autre, à genou se met en position de prière. J'écarquille les yeux comme des coupelles devant ce spectacle que je ne comprends pas bien. Des anti-pride religieux se sont donc infiltré. Je les avais vu passer devant moi au moment de passer les barrières devant le parc. C'ets vrai que leurs tenues m'avaient interloqué. La sécurité de la pride affiche un sourire cynique et nous intime d'avancer, autant ne pas leur donner trop d'attention. Elles sont mitraillées par tous les photographes de presse et amateurs.

Deuxième rue bordant le parc, plus courte puis nous rentrons tranquillement le sourire aux lèvres dans le parc. La marche est finie, les discours se succèdent sur la scène, les responsables des associations baltes qui organisent la Pride mais aussi des responsables d'Amnesty International sans qui la pride ne serait pas possible, une pasteure lesbienne hollandaise et un membre du parlement hollandais également, ainsi qu'un politicien letton et une personne du bureau letton de l'égalité qui n'était venue qu'en son nom.

On se regarde tous un peu sonnés que ça soit déjà fini. Lorsque les discours se terminent , un concert commence. C'est juste à ce moment que moi et Virga nous devons filer pour prendre le bus de 16h pour Vilnius, capitale de la Lituanie. Bon alors on se faufile entre les barrières, la plupart des anti pride sont rentrés chez eux, heureusement. Dans les rues du centre ville, on croise une militante No Pride, reconnaissable par son t shirt blanc représentant un homme sodomisant un autre, barrés de rouge. Elle passe à 4 centimètres de moi. Je prends une grande inspiration avant de monter dans le bus.

Bizarement en route vers un pays où la situation est bien pire, je suis plus légère ,une fois dans le bus. Le vrai risque que les manifestants de la pride encourent se situe après la pride, alors qu'ils/elles se sont visibilisé et qu'elles se promèenent dans les rues de la ville. Se sauver avant la fin est en fait la meilleure stratégie. Mais il n'y a eu aucn incident à Riga à la suite de la pride.

Par contre le même jour il y a eu une manif interdite pour les droits des gays à Moscou et un officiel allemand s'est fait cassé la gueule. Première nouvelle que j'apprend en arrivant à Vilnius. Entre 25 et 80 militants y ont été arrêtés alors qu'ils manifestaient contre les discriminations à l'égard des personnes LGBT. La police anti-émeutes a chargé et plusieurs personnes ont été appréhendées.

Vilnius est donc la capitale de la Lituanie. La ville n'a absolument rien à voir avec Riga dans son paysage. A Vilnius il y a une association qui essaye depuis des années d'organiser une pride, LGL. Interdite chaque année. Même pour un rassemblement (pas une marche) dans un espace publique mais clos (pas dans la rue), on leur a dit NON.

Le lendemain Dimanche 17, jour de l'IDAHO je buvais un café en terrasse dans le centre de Vilnius (la nuit avait été longue, concert de la Ladyfest, festival féministe) et mes pensées vont vers Augustas, mon collègue lituanien manifeste avec SFQ devant l'amabassade de Lituanie à Stockholm pour protester contre un projet de loi discuté au parlment lituanien. Cette loi interdit toute représentation positive des relations homo , bisexuelles et poly amoureuse.


Mardi dernier (2 juin) cette loi a été votée au parlement lituanien. Seulement deux personnes présentes ont voté contre. La situation est extrêmement inquiétante. Parlez en autour de vous, dans vos assos. L'Europe ne peut pas tolérer que l'un de ses membres ignorent nos droits et travaille à notre invisibilité.


mardi 28 avril 2009

Les échanges de jeunes - le meilleur moyen de rencontrer d'autres jeunes militants LGBTQ

Une solidarité queer internationale doit émerger bientôt, au moins en Europe, entre les jeunes. Comment faire pour échanger des idées, débattre, apprendre de nouveaux outils pour militer, monter des projets ensemble? Il n'est pas vraiment possible de faire cela sans se rencontrer. Alors comment se rencontrer?

Le programme Jeunesse de la Commission Européenne, Jeunesse en Action (Youth in Action), dans lequel le Service Volontaire Européen est inclus offre de très nombreuses possibilités pour les jeunes (13-30ans) LGBTQ d'Europe (le programme inclus beaucoup de pays qui ne sont pas dans l'Union Européenne comme les pays balkaniques, la Russie et même la Turquie, la Géorgie etc), militants ou non, de se rencontrer et d'échanger sur les sujets qui nous concernent.

Exemple: les Echanges de Jeunes, le meilleur moyen de rencontrer d'autres jeunes militants LGBTQ.

Voici ce que le guide du programme Jeunesse en Action dit sur les échanges de jeunes:


"Action 1.1 – Echanges de jeunes

Objectifs:

Un Echange de jeunes permet à un ou plusieurs groupes de jeunes d'accueillir un groupe ou d’être accueilli(s) par un groupe d’un autre pays afin de participer ensemble à un programme d’activités communes. Ces activités requièrent la participation active des jeunes et sont conçues pour leur permettre de découvrir et de prendre conscience des réalités sociales et culturelles différentes, d'apprendre les uns des autres et de se sentir citoyens européens.

Qu’est-ce qu’on entend par « Echanges de jeunes »?

Un Echange de jeunes est un projet qui rassemble des groupes de jeunes de deux pays ou plus :
ils peuvent discuter de sujets variés et les confronter, tout en apprenant sur les pays et cultures respectives. Un Echange de jeunes est basé sur un partenariat transnational entre deux ou plusieurs porteurs de projets.

Selon le nombre de pays impliqués, un Echange de jeunes peut être bilatéral, trilatéral ou multilatéral. Un échange bilatéral de groupes se justifie notamment, s'il s'agit d'une première activité au niveau européen, ou si les participants sont des groupes locaux ou de petite taille n'ayant aucune expérience au niveau européen.
Un Echange de jeunes peut être itinérant, ce qui implique que tous les participants se déplacent au même moment, à travers un ou plusieurs des pays participant à l’Echange.

Un projet d’Echange de jeunes comprend trois phases :
 la planification et la préparation
 la mise en oeuvre de l’activité
 l’évaluation (incluant une réflexion sur un suivi éventuel).

Les principes et pratiques d’éducation non formelle doivent être mis en application tout au long du projet.

Ce que n'est pas un Echange de jeunes


Les activités suivantes en particulier ne PEUVENT PAS bénéficier de subventions dans le cadre d'Echanges de
jeunes:
les voyages d'études universitaires;
les activités d’échange ayant un but lucratif;
les activités d’échange s’apparentant à du tourisme;
les festivals;
les voyages d’agrément;
les cours de langues;
les tournées de spectacles;
les échanges scolaires;
les compétitions sportives;
les réunions statutaires d’organisations;
les réunions politiques;
les chantiers;"

Vous l'aurez compris il s'agit de faire partir un groupe de jeunes dans un autre pays où yels rencontreront un autre groupe de jeunes et d'organiser des activités d'éducation non-formelle (qui implique les jeunes dans la réflexion et requérant leur participation active).


Comment payer les frais de déplacement des jeunes, leur logement, leur nourriture et l'organisation des activités pendant le temps de l'échange? En déposant une demande de subvention auprès de l'agence nationale du programme jeunesse en action de votre pays! (La France étant un pays programme, elle a une agence nationale et également, particularité française, des délégués régionaux du programme Jeunesse en Action).

Pour les échanges de jeunes le programme prévoit un maximum de 30 000 euros! de quoi réaliser un échange de grande qualité.

Attention pour les échanges bilatéraux (entre deux associations et deux pays seulement) il
faut déposer son projet dans les deux pays. Et pour les échanges trilatéraux ou multilatéraux on dépose un seul projet dans le pays qui accueille l'échange. Je précise que quelques participants de l'échange peuvent avoir plus de 25) ans, mais seulement quelque uns (pas plus de 10% des participants).

Si vous décidez d'organiser un échange, dans votre pays ou dans un autre, vous êtes alors un "porteur de projet".

Voyons ce que le guide dit sur les porteurs de projets:

"Les porteurs de projets éligibles:

Chaque porteur de projet doit être:
une organisation à but non lucratif/non gouvernementale; ou
un organisme public régional ou local ; ou
un groupe informel de jeunes (rappel: dans le cas d’un groupe informel de jeunes, un des membres du groupe assume le rôle de représentant et prend la responsabilité au nom du groupe); ou
un organisme actif dans le secteur jeunesse au niveau européen.

Chaque porteur de projet doit être d’un pays programme. (les pays programme)


Le rôle des porteurs de projets

Le porteur de projet qui envoie un groupe de participants dans un autre pays est appelé organisation d’envoi (OE). Le porteur de projet qui accueille l’Echange de jeunes dans son pays est appelé organisation d’accueil (OA)."

Consulter la page ici pour toutes les infos en français sur votre démarche et ici pour lire le guide du programme Jeunesse en Action en français.

Je serais ravie de répondre à toutes vos questions, d'entendre vos idées, de développer des projets avec vous alors n'hésitez pas à poser vos questions en commentaires et je vous contacterais.


à ce lien vous trouverez un guide pour les animateurs jeunesse qui désirent organiser
un Echange de jeune et comment gérer les partenariats transnationaux et vous pouvez également participer à une formation au programme Jeunesse en Action (voyez ici).

N'hésitez pas également à contacter votre Agence nationale. voici les coordonnées des agences.

Je travaille actuellement à un projet d'échange de jeunes entre SFQ et Etudions Gayment qui
aura lieu, si nous obtenons les financements, à l'automne. Ceci est le premier projet européen que je vais rédiger et organiser. Beaucoup de stress mais aussi un nouveau monde qui s'ouvre à nous.

lundi 27 avril 2009

MINGLE - espace pour les étudiants queer internationaux

Une autre partie très intéressante de mon projet consiste à organiser des activités pour les étudiants étrangers LGBTQ qui étudient à Stockholm.

Les étudiants LGBTQ internationaux peuvent être discriminés sur la base de leur orientation sexuelle, leur identité et expression de genre, du fait qu'ils sont jeunes et enfin du fait d'être étrangers. Il était donc particulièrement important aux yeux de SFQ de s'adresser à eux/elles.

Un des sujets sensibles concernant les étudiants LGBTQ étrangers (en échange universitaire par exemple) est l'homophobie / la transphobie. En effet certains viennent de pays où l'homosexualité est encore criminalisée / où leur transidentité est impossible à vivre, où l'environnement est très hostile à leur identité / sexualité, où ils ont pu subir une homophobie / transphobie d'une violence intolérable. Bien qu'il y ai de fortes chances pour qu'ils se sentent relativement plus safe en Suède, qui est un pays assez évolué, au niveau les lois et des politiques sociales en ce qui concerne les personnes LGBT, beaucoup d'entre eux ne peuvent pas être qui ils/elles sont dans leurs résidences étudiantes, ont peur d'être complètement ouverts par rapport à leur identité/orientation sexuelle vis à vis des étudiants (principalement étrangers également) avec qui ils partagent leur couloir.
Ainsi il est extrêmement important de leur proposer un espace safe en dehors de l'univers étudiant. Bien que les activités proposées seront plutôt orientées sur l'idée de partager des moments ensemble et d'apprendre à se connaître, nous seront à l'écoute si l'unE d'entre eux désire partager un moment difficile avec nous, s'ouvrir et être écoutéE. J'ai personnellement développé ce type de compétences en travaillant comme bénévole accueillantE au MAG.

Arriver dans un pays, un environnement social et étudiant complètement différent est souvent une expérience pleine de défis voire difficile. Les étudiants internatioanux n'ont ni repères ni réseau social / amiEs dans leur nouvel environnement. Ce qui peut représenter une difficulté supplémentaire pour les étudiants LGBTQ. Il se peut qu'ils ne trouvent pas d'emblée des espaces safe pour leur identité / orientation sexuelle, de nouveaux amiEs ouverts et qu'ils ne se sentent pas d'être complètement ouverts à propos de ce qu'ils sont avec leurs nouveaux camarades. De plus il se peut qu'ils soient encore eux-même en prise à leur propre homophobie / transphobie interiorisée et peuvent donc avoir besoin de modèles de représentation pour s'approprier et assumer leur identité / orientation sexuelle dans ce nouvel environement.

Bien sûr il y a des associations LGBTQ locales dans les universités de Stockholm où ils peuvent aller pour rompre leur isolement. Le problèmes c'est que les informations les concernant et les activités qu'elles organisent sont en suédois. De plus ces associations ne sont pas toujours inclusives pour les étudiants étrangers, ni péparées à gérer une situation inter-culturelle.
SFQ, par son engagement et travail au niveau international et son expérience d'accueil de volontaires SVE (à mon bureau nous sommes 5 et il n'y a qu'une seule personne de nationalité suédoise et qui parle suédois), voulait s'addresser à ces étudiants, qui parfois ne sont de passage en Suède que pour un semestre et qui doivent en tirer le meilleur parti.

Après avoir bien cogité et fait notre petite enquête sur la vie étudiante de Stockholm, Augustas et moi avons commencé. Ca s'appelle MINGLE - Space for International Queer Students et si vous étudiez à Stockholm il vous serait difficile de passer à côté de nos affiches que nous (enfin Caro et Yohan, des étudiants français qui n'ont pas hésité à nous aider) avons collés dans les universités et les résidences étudiantes de Stockholm.

Le premier MINGLE s'est très passé. Environ une vingtaine de personnes sont venues. Nous voulions organiser ce qu'on appelle des "Ice-breaking activities", c'est à dire des activités pour briser la glace, des jeux pour faire en sorte qu'au bout de deux heures les particpants se soient mélangé, ai parlé à des personnes qu'ils/elles ne connaissaient pas et ai fait de nouvelles rencontres.

Briser la glace:

Se présenter:

Une fois qu'ils/elles on été suffisamment nombreuses, nous avons formé un cercle. Je tenais une balle de tennis dans ma main. J'ai dit mon prénom et un truc de sympa qui m'était arrivé récemment et je l'ai lancé à quelqu'un d'autre qui a fait de même.

Mémoriser les prénoms:

Quand la balle est revenue à moi, on est passé à un autre jeu. L'idée était que je devais lancer la balle à la même personne à qui je l'avait lancé au premier tour, en disant mon prénom et le sien. C'est l'occasion de redemander les prénoms, dans un contexte social normal on peut être parfois très embarassé de redemander le prénom de la personne alors qu'on a déjà entamé une conversation. La balle peut soit suivre le même chemin que lors du premier tour, soit un chemin différent.
Je recommande un troisième tour au minimum, soit avec le même chemin mais à l'envers, ce qui permet de mémoriser au moins deux prénoms, soit plus vite, soit avec plusieurs balles. Dans ces cas là c'est souvent un peu le bordel, ce qui est très drôle, et cela demande aux participants d'être patient aussi et d'attendre le meilleur moment pour demander de l'attention de la part des uns des autres, excellent exercise de construction de groupes par le défi qu'il représente. Si vous aller jusque là il est très important de demander aux particpants, une fois le tour de plusieurs balles terminé, de parler de leur expérience et de ce qu'ils ont ressenti pendant l'exercise. Faire faire un exercise sans discuter ensuite de ce qu'ont en tirer revient à ne rien faire du tout. autre chose: toujours participer aux exercise qu'on organise. C'est le meilleur moyen qu'ils se déroulent comme vous voulez et il n'y a pas de hiérarchie entre la personne qui organise un tel exercise et les personnes qui le font pour la première fois.

Apprendre à se connaître:

Lorsqu'ils / elles arrivaient au MINGLE, avant de commencer les activités on demandait calmement, après avoir un peu papoté, à chaque personne présente d'écrire sur un papier un légume ou un fruit ou un plat (enfin un truc qui se mange quoi!) et de le plier avant de le mettre dans un saladier.
Une fois que les jeux de balles ont été terminés, on a demandé à chaque participant de piocher un papier. La consigne était de trouver la personne qui avait écrit qu'elle était, par exemple, une salade, et de se trouver au moins 5 points communs avec cette personne. A moins que la personne qu'on ai pioché nous ai pioché nous aussi, on doit parler et discuter avec au moins 2 personnes et se trouver des points communs avec ces deux personnes. Les participant spouvaient faire cela tout en mangeant de chips et buvant des sodas et on a les a laissé discuter pendant 45 minutes.

Ensuite on est revenu en cercle et chacun a présenté la personne qu'il.elle avait pioché ainsi que les 5 points communs qu'il/elle avait avec cette personne. Ce jeu montre à tous les participants qu'il est très facile de se trouver des points communs avec des gens qu'on ne connaît ni d'Eve ni d'Adam.

Ensuite apres encore quelques chips et sodas, la soirée a continué dans un bar pa sloin, mais augustas et moi n'avons pas suivi, occupés à ranger. Le prochain MINGLE aura lieu bientôt et je pense que ça sera une soirée vidéo.

lundi 20 avril 2009

Visite de la branche locale de SFQ à Linköping

Dans le cadre de mon projet, je dois collecter de bonnes pratiques de militantisme local. Il était aussi précisé que, afin de mieux connaître SFQ, j'irais visiter les branches locales de la fédération. C'est ainsi que je suis partie 3 jours à Linköping et Norrköping:
Linköping:

J'ai été accueilli par les membres du conseil d'administration de Regnbågen (Rainbows), l'association des étudiants LGBTQ de l'université de Linköping. Cette association est une des branches locales de SFQ. Je m'y suis fait de nouveaux amiEs: Lex, Emil, Yohan et Fiffo, du conseil d'administration de Regnbågen. Cette association inclus les personnes trans et queer.

En partenariat avec la pride de Norrköping, Regnbagen organisait le jeudi soir, un concert dans la cafétéria de la maison du syndicat étudiant de l'université de Linköping.

Yels ont obtenu de l'argent pour organiser ce concert en faisant une demande auprès de SFQ qui subventionne des évènements de ses branches locales, qui doivent pour cela déposer des projets. Je pense que c'est excellent que ce soit possible notamment parce que comme ça les activistes locaux apprennent à rédiger des projets et faire des demandes de subventions envers une organisation queer et qui veut les aider.
Yels ont utilisé cet argent pour payer la chanteuse et son hôtel, l'impression de dépliants et de sweat-shirts avec le logo de l'asso.

Ils ont obtenu le lieu par leur excellente collaboration avec le syndicat étudiant de la fac qui y voit son intérêt vu que pendant le concert la cafétéria était bondé de monde qui mangeaient et buvaient, l'argent de ces consommations allant droit dans la caisse du bar du syndicat.

Le concert était une action de visibilité, de socialisation et d'information.

  • Socialisation:
Regnbågen a invité une chanteuse lesbienne et féministe assez connue en Suède qui a chanté pendant une heure dans le pub du syndic étudiant. Les gens semblaient connaître par coeur les
paroles de ses chansons et il y a eu un monde fou qui est venu, certaines personnes partaient parce qu'yels ne pouvait pas s'asseoir, c'est vous dire. L'ambiance était festive, le concert était un succès.


  • Visibilité:
A l'entrée les membres de Regnbågen , touTEs vêtuEs de sweat shirt à l'effigie de l'association tenaient un stand d'information avec des dépliants d'information sur l'association. Au fond de la salle une banderole "Regnbågen" était accrochée au mur. La visibilité de l'association était très bonne. Sur le stand ont pouvait également adhérer, pour 2 euros, et/ou acheter des patchs pour vêtements avec le logo de leur asso.
L'idée était aussi de faire de la pub pour la Pride de Norrköping (Linköping et Norrköping sont villes jumelles et très proches géographiquement l'une de l'autre, environ 30 minutes avec le train régional) qui commençait le lendemain. Lier son évènement local avec un évènement de plus grande ampleur est toujours une bonne stratégie de visibilité.

  • Information:
En plus des membres de l'asso qui étaient présents au stand pour parler avec les gens et des dépliants de présentation expliquant clairement ce que LGBTQ veut dire, yels organisaient également un Quizz sur les trans, ce qui est un moyen très ludique et interactif de faire de l'information et d'animer un stand.
5 questions à choix multiples étaient affichées et on pouvait remplir un petit papier avec ses
réponses et son nom.

Voici le quizz (en bleu les bonnes réponses):

Trans Quizz

Qu'est-ce qu'une personne cisgenre ?
1. Une personne malade 2. Une personne qui ne se sent pas trans 3. Un robot

Quelle orientation sexuelle ont les personnes trans?
1. Homosexuelle 2. Hétérosexuelle 3. C'est différent pour chaque personne

Qu'est-ce que T signifie dans LGBTQ?
1. TranssexuelLE 2. TravelotE 3. Personne Trans - un terme qui couvre diverses identités

Le Transsexualisme est-il une orientation sexuelle?
1. Oui 2. Non, c'est considéré comme une maladie 3. Non, c'est une position politique

Que signifie TIG?
1. Transaction de l'Identité Générale 2. Trouble de l'Identité de Genre 3. Torsion Inter Galactique

(Je précise qu'il n'a pas été facile de traduire ce test du suédois vers l'anglais puis vers le français en prenant compte des contextes et discours militants qui sont différents en Suède et en France et que ce n'est qu'un exemple. Pour moi il s'agit de diffuser le concept, l'idée est que chaque asso fasse le sien, sur d'autres sujets également.)

A la fin du concert, Lex a sélectionné ceux qui avait tout juste et est monté sur la scène pour donner les réponses. 5 "gagnants" avaient été sélectionnés. Le premier a gagné un CD de la chanteuse, le deuxième un T shirt assorti au CD et les autres des patchs Regnbågen.

Plus sur Linköping:

Une ville très mignonne et très petite. Il semblerait que cette ville soit un repère de trans qui viennent faire leur transition ici à cause de l'équipement médical disponible sur place (opérations). Il n'y a pas d'asso spécifiquement trans pourtant. Lex voudrait démarrer un groupe de soutien trans et a commencé à se faire des contacts intéressants. Je lui souhaite beaucoup de réussite et je le soutiendrais et lui donnerait un coup de main. Et je reviendrais sans doute pour liquider des pisse-debout, c'est un bon contact, il sera sans doute motivé pour en recommander avec moi, car il m'en reste mais il faut avoir des perspectives d'expansion. Il faisait beau aujourd'hui quand nous avons visité la ville ensemble. J'ai mangé ma première glace de "l'été" suédois. Maintenant j'ai mal à la gorge comme si j'allais avoir une angine, alors je regrette un peu.

Norrköping

La Peking Pride est le premier évènement de fierté LGBTQ se tenant dans la ville de Norrköping. J'étais très heureuse de participer à cette première. Tout comme Linköping, Norrköping est une petite ville d'environ 130 000 habitants. (Pour vous donner un point de comparaison, Nîmes et Tours ont également 130 000 habitants).

La Pride est plutôt un festival se déroulant sur deux jours, et non pas une marche. Ca commence le vendredi soir avec notamment un discours d'ouverture de Ulrika Dahl, une militante Fem. Elle a fait un discours absolument génial, dans la rue devant le bâtiment où se tenaient les expos, super féministe et queer, plein de puissance et de radicalité. "We're queer, we're here, get the fuck used to it!" et "I'm not gay as "happy", I'm queer as fuck you!"

Le programme comprenait des performances de mimes, des lectures de textes politiques et érotiques, des concerts d'artistes queer, des expositions. Il y avait notamment une expo de photos de sexes féminins et comme la photographe était présente, des horaires et un espace avaient été aménagés pour que des volontairEs fassent prendre en photo leur sexe. Bien sûr j'étais volontaire. Allez visiter son site, ce qu'elle fait est tellement important pour la représentation positive et la visibilité du sexe féminin dans notre culture qui valorise la bite et invibilise les chattes. Il est aussi important de participer à ce type de projet afin de montrer la diversité des formes, couleurs, pilosité et je ne sais quoi encore que les chattes peuvent prendre.

La visibilité de Regnbågen pendant cet événement était très bonne. Sur le programme de festival le concert de Regnbågen qui avait eu lieu la veille était mentionné en premier. De plus nous avons pu accrocher la banderole de Regnbågen dans un des lieux ou se tenait le festival.

Entre parenthèse sur les banderoles:

Il y a plusieurs écoles. CertainEs peignent le tissu, d'autres cousent, d'autres collent les lettres avec de la glue.

Je vous donne ce que moi j'ai trouvé de mieux, que j'ai appris en bossant au MAG.
Au lieu de peindre ou de coudre les lettres ou encore de les coller sur le tissu procurez vous du papier adhésif Vénilia. On en trouve à Mr. Bricolage au rayon déco. Il en existe de toute les couleurs, c'est pour faire de la déco habituellement. Il y en a un qui est blanc plutôt lisse et brillant comme du véléda (tableau blanc comme dans les écoles). Ca coute 12 euros le rouleau.
Ensuite découper les lettres dedans. C'est super facile il y a des carreaux pour vous aider à couper droit et la bonne taille au verso du papier. Je vous conseille, pour un résultat plus propre,
de faire des patrons en imprimant les lettres dont vous avez besoin en grand sur votre ordi.
Ensuite collez-les pour faire passer votre message. Il passera bien clairement car le résultat est
bien visible, clair et propre et ça résiste à la pluie du 1er décembre.

Autre chose. Même si c'est un peu cher, investir dans du schotch Chatterton évite pas mal de soucis. Le gros schotch marron ça colle pas bien sur les mur en pierre alors on doit en mettre des masses et c'est moche! Le Chatterton marche sur tout, pour que votre banderole se tiennent fièrement n'importe où par vent et marées, à l'extérieur comme à l'intérieur.

Le samedi, le festival se tient toute la journée et le programme est plutôt chargé et très intéressant avec notamment une visite du musée d'art de Norrköping avec une perspective queer.

Regnbågen devait tenir un stand d'information toute la journée mais celui qui devait apporter les dépliants et le matériel l'avait oublié et l'organisation du festival ne leur avait pas réservé de table au final. Lex a donné une interview pour le journal local. Visibilité visibilité. (Lex est FTM).

Après avoir fait photographié mon sexe et mangé, j'ai assisté à une reprise queer de "Summer love" de Grease par un groupe de jeunes chanteurs et chanteuses qui avait inversé les paroles et l'expression de genre des performers. C'était fabuleux.

Quelques pisse-debouts vendus plus tard (note pour moi-même: préparer un stand de visibilité
pour les vendre et en parler), nous filons à un débat sur un livre écrit par une lesbienne sur les violences conjugales au sein des couples de même sexe. Un sujet dont on ne parle bien sûr jamais en France. Apparemment c'est plutôt nouveau aussi en Suède. Ce livre a été publié par une maison d'édition qui publie tous les livres queer en Suède : "Normal".

D'autres expos et lectures et débats avaient lieu mais évidemment je ne pouvait pas être partout, ni tout comprendre. Une soirée était organisée le soir mais je devais malheureusement
déjà dire au revoir à mes nouveaux amis et prendre mon train pour Stockholm avec plein d'idées
de projets en tête, beaucoup d'énergie et un grand sourire au lèvres, la Suède étant définitivement un pays que je commence à aimer de tout mon coeur.

J'ai vraiment hâte de visiter d'autres branches locales de SFQ, cette association est tout simplement géniale, je ne me suis jamais sentiE aussi bien dans une association. Début Mai j'irais visiter la branche locale de Skövde.










mardi 7 avril 2009


"_Imagine que le genre et l'orientation sexuelle n'aient pas d'importance...

_ Quoi? Mais comment je saurais si je suis normal alors? "

Flyer de SFQ, 2008